La présence des romains en Cerdagne

La présence romaine en Cerdagne date du IIème siècle avant J.C.

La « Strata Conflentana » reliait la Via Domitia (qui traversait le Roussillon actuel et rejoignait la péninsule Ibérique via le Col du Perthus) à « Sanctus Petrus de Infurcatis » (Saint Pierre dels Forcats actuel), ce village se trouvant à la bifurcation de la route romaine. En effet, de là partait la « Strata Cerdana »  qui passait par le Col de la Perche, le pont de Bau, sous Eyne et allait à « Julia  Lybica » (l’actuelle Llivia) et se poursuivait vers Lérida par la vallée du Sègre. De Saint Pierre, une autre voie romaine rejoignait le Capcir et la Haute Vallée de l’Aude.

A quelques kilomètres de Llivia, il en a subsisté des éléments importants dans les infrastructures du pont médiéval de Sant Marti d’Aravo qui permet de franchir la rivière de Carol ou Aravo. Ce pont médiéval a utilisé les bases des trois piles romaines.

Julia Lybica, la capitale des Cerretani Juliani (Cerdans actuels) a reçue son nom de Julia de Jules César lui-même qui aurait accordé aux « Cerretani » le droit latin. A l’époque romaine, Livia était un nom féminin, porté en particulier par l’épouse d’Auguste.

A Llivia se trouvait une petite garnison romaine. En effet, l’endroit était stratégique pour surveiller le passage vers Lérida, du haut de la colline, où l’on a retrouvé divers éléments de poterie et des pièces romaines.

Jules César lui-même est venu à Llivia, avec 900 chevaux, où il s’est arrêté lors de son passage vers Lérida où il a vaincu les partisans de Pompée sur le Sègre lors de la guerre civile romaine qui l’opposait à celui-ci.

Il est important de remarquer que la Cerdagne représentait un point de passage plus sûr pour de nombreux généraux allant mener bataille en Espagne. En effet, c’est un passage assez facile dans les Pyrénées et qui permettait d’éviter la côte où stationnaient de nombreuses légions ennemies.

C’est ainsi qu’Hannibal, avec ses troupes et ses éléphants, est passé par la vallée du Sègre et le Col de la Perche, puis s’est rendu à Elne (Illiberis). Il a ainsi traversé la Cerdagne pour passer les Pyrénées et rejoindre l’Italie.

Les romains occupaient donc Llivia et ses alentours : de Llo à Angoustrine en passant par Sainte Léocadie.

Ils appréciaient particulièrement les eaux chaudes (aquae calidae, toponyme qui a donné les Escaldes) et ont fondé les bains romains de Dorres. Malheureusement, au 16ème siècle, la ville de Puigcerda fit modifier les anciennes constructions balnéaires des Escaldes. Au 17ème siècle, subsistaient encore un lavacrum pavé de larges dalles de marbre blanc et un sudatorium. Tout a disparu dans les reconstructions urgentes faites en 1821.

Les monnaies trouvées à Llivia et à Angoustrine datent de l’époque impériale : on a des monnaies d’Auguste, de Tibère, d’Hérode, de Néron et de Septime Sévère. La datation de ces monnaies atteste une certaine continuité de l’occupation romaine dans la capitale de la Cerdagne depuis l’époque de Jules César.

En 39 avant J.C., les Cerretani se soulevèrent contre le joug romain. Le proconsul Domitius Calvinus châtia durement cette rébellion, ce qui lui valut les honneurs du triomphe.

De l’époque romaine subsiste aussi un « Cippe » (autel romain) dédié au culte de Jupiter (dieu de la foudre), avec des inscriptions, que l’on peut encore voir dans le cimetière d’Angoustrine.

Les Cerretani ont hérité des romains : les usages, le droit romain, la langue latine (qui est à l’origine du Catalan originel qui provient de la Cerdagne) ainsi que d’un petit nombre de noms de villages actuels qui proviennent du Latin.

Il est important de noter que les romains ont exploité l’or des alluvions du Sègre à Sainte Léocadie.

Le bois, la laine, les céréales étaient aussi travaillés. Mais la principale exportation vers Rome à partir des ports de Port Vendres (Portus Veneris) ou de Tarragonne (la Cerdagne était rattachée à la Provincia Tarraconensis ou Province de Tarragonne en Espagne) était le « jambon cerretani » qui était très apprécié par les riches romains. Il y avait donc beaucoup d’élevage en Cerdagne.

De plus, la région était divisée en plusieurs pays : « Pagi Conflentis », Pagi Livensis (Llivia) et Pagi Redenensis (Capcir).

Les autochtones s’engagèrent dans l’armée romaine, découvrirent les sciences, l’art et le latin.

La présence romaine en Cerdagne a donc posée les bases de notre vie actuelle.

                   

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