Le climatisme

Le climatisme est l’ensemble des activités liées au traitement des maladies infectieuses, principalement et historiques la tuberculose, grâce aux  bienfaits du climat (air pur, ensoleillement) et accessoirement au repos, aux exercices physiques modérés et à une alimentation riche.

La géographie particulière de la Cerdagne (haut plateau d’altitude  cerné de hautes montagnes, parcouru de vents secs et de courants atmosphériques particuliers, et situé non loin de la méditerranée) la protège des perturbations atlantiques et des dépressions venues d’Espagne, des perturbations venues du nord (la Cerdagne jouit d’un climat et de températures sensiblement différents de ceux de la vallée du Capcir pourtant tout proche) ainsi que des courants marins qui remontent la vallée de la Têt en provenance du Roussillon.

Il en résulte un micro climat qui protège Font-Romeu et ses alentours des perturbations : la station profite d’un fort ensoleillement, d’un air pur et d’un climat très sec qui, liés à la haute altitude, favorisent l’absence d’allergènes et d’acariens.

Le climatisme s’est développé à Font-Romeu dès les années 1920-1930. Il prend deux formes : la lutte contre la tuberculose, marquée notamment par l’ouverture en 1924 du sanatorium de la Fédération des Écoles Publiques l’asthme suivi par celle de très nombreuses maisons d’enfants. Ce mouvement est favorisé par la croisade sanitaire de l’entre-deux-guerres et les mesures sociales adoptées sous le Front Populaire.

Sanatorium héliothérapique d’Odeillo, 1924
Patients en cure héliothérapique sur les terrasses du sanatorium d’Odeillo

 

 

 

 

 

 

 

Les maisons d’enfants employaient un nombreux personnel médical spécialisé.

Pas moins de treize établissements sur la station prodiguaient leurs soins aux enfants. De plus, ceux-ci pouvaient suivre une scolarité complète au Collège et Lycée Climatique et Sportif de Font-Romeu. Ils résidaient donc à Font-Romeu tout le temps nécessaire à leur rééducation, parfois même de nombreux enfants se sont installés définitivement dans notre village, ont fondé des familles, trouvé du travail… Ces enfants étaient souvent accompagnés par leurs familles qui logeaient sur la station et participaient à la renommée de Font-Romeu au niveau national et même international (les enfants venaient du monde entier). D’où un apport de richesse économique mais surtout humain pour notre commune.

La clinique du docteur Capelle, pionnier du traitement de la tuberculose à Font-Romeu

 

 

 

 

 

 

 

Les établissements de santé étaient les suivants : Bagatelle, le Balcon de Cerdagne (Fédération des Écoles Publiques), Castell Roc, le Chalet Saint-Georges, l’Espérance, le Home Catalan, Ker Anna, le Mas Catalan, le Nid Soleil, Nivôse, les Petits Lutins, le Poussinet et Via Sol.

Jeune patients en cure héliothérapique

            

99 réflexions sur « Le climatisme »

  1. bonjour, je découvre ce blog avec émotion!
    Tant de souvenirs…après tant d’années. j’aimerais contacter monsieur Reynes pour préciser quelques petits détails sur le fameux lycée climatique, qui aurait accueilli à la fin des années cinquante les asthmatiques après leur 14e anniversaire, âge limite autorisé pour rester dans un home d’enfants. Mon frère Michel W. pensionnaire au home catalan depuis sa tendre enfance, n’a pas été admis au lycée climatique en 1959/1960 : le lycée ne prenait en effet que les espoirs sportifs. Après un court passage au lycée de Briançon où il ne s’adaptait pas, Font-Romeu étant devenu sa deuxième patrie, mon frère, rentré en région parisienne, est mort dans le courant de l’année suivante…
    Mon père, indigné par le refus du lycée de Font-Romeu d’accepter son fils atteint de cette affection, a alerté les pouvoirs publics, par le biais de la presse. Peut-être est-ce son intervention qui a permis ensuite d’ouvrir le lycée aux asthmatiques? En ce qui me concerne, j’avais dix ans à l’époque, je ne pourrais le confirmer.

    Vous évoquez également les nombreuses familles qui se seraient installées sur place auprès de leur enfant asthmatique soigné et scolarisé dans un home. Je n’en connais pas. Ma mère et une amie qui avaient chacune un de leurs nombreux enfants en home se relayaient tant bien que mal pour rendre visite à leurs enfants à Font-Romeu, ce qui représentait à l’époque un déplacement considérable. Mes parents n’avaient certes pas la possibilité de loger sur place, je me demande qui d’ailleurs pouvait le faire…

  2. J’ai fait partie de ces enfants pendant 2 ans.entre 1959 et 1961. Je me souviens d’une infirmière qui s’appelait Vannier( pas sûr de l’orthographe) et de Jacques Courtois un ventriloque qui venait souvent. On nous descendait dans la salle de spectacle avec les lits.

  3. Bonsoir. J’ai aujourd’hui 63 ans et j’ai passé deux êtes à Nivôse. En 1965 et 1966. Les propriétaires s’appelaient Boëne (je ne suis pas certain de l’orthographe. Chaque soir avant d’aller nous coucher, nous chantons, sur l’air du célèbre « étoile des neiges »., la chanson suivante.
    « -Oui c’est à Nivôse que l’on est heureux, chacun y ose rire comme il veut.
    Enfants de tous âges, reprennent courage, en bonne santé, ils peuvent rire et chanter 🎶 ».
    Cela fait bien longtemps, mais j’ai l’impression que c’était hier. Je me souviens qu’une des deux monitrices était surnommée » Yeti « . La fille de madame Boene était très gentille. Je pense qu’elle se prenommait Ghislaine ou Geneviève… J’ai un doute… 😊

    1. Bonjour Bernard. Je ne sais pas ce qui m’a pris mais ce soir j’ai eu envie de revisiter mon passé d’enfant. J’ai 61 ans et demi et moi aussi j’ai connu Nivôse. J’y ai séjourné 3 fois 2 mois en hiver pour mes 5, 6 et 7 ans. J’avais des problèmes de bronche. J’en garde un souvenir très fort. J’y ai appris à skier et à m’adapter à une vie en collectivité. L’hiver était particulier avec la neige, la forêt et la montagne. Les propriétaires s’appelaient effectivement Monsieur et Madame Boëne. Je ne me souviens que de leur nom et vaguement de leurs visages. Etant très petit, j’ai des souvenirs comme des flashs mais rien de précis concernant les gens qui y travaillaient. Je me rappelle que le premier jour, j’avais fais de la luge et j’étais tombé dans un petit ruisseau gelé juste derrière la porte de la cuisine de Nivôse, là où la cuisinière nous donnait le goûter… Que de souvenirs lointains… Et pourtant si près…

      1. Bonjour comme vous j’ai passé quelques mois de mon enfance à Fon romeu dans la maison Nivose avec la famille Bohème et leur fille Geneviève il y avait aussi les monitrices Ginette Zuzane et Annie la cuisiniere trois fois trois mois en hiver octobre à décembre de 65 à 67 j’ai aujourd’hui 62 ans et toujours de vieux bon souvenirs qui reviennent en surface
        Je me rappelle le premier jour à Nivose je pleuré de grosses larmes après les trois mois je repartais avec des larmes on avait des copains des copines et mon patou un chien blanc qui était venu en même temps que moi il était devenu comme le chien dans le film de belles et Sébastien il me manque toujours .J’espère que comme moi beaucoup on pus retrouver la santé.

    2. Je ne saispour quoi j’ai regardé ce site aujourd’hui ´ j étais toute petite et j’ai passé aussi deux mois en hiver à Nivose , ça devait être en 1964 , je me souviens aussi des veillées et des chants , du directeur et directrices ont je ne me souvenais pas du nom très gentils ,j’ai adoré étoile des neiges et ce n est qu un au revoir ´ je me souviens aussi des remontées à pieds avec les skis sur le dos ….de la luge … des ventouses qu on m’avait posé…. des cures déclives … du jour où les parents sont revenus me chercher : j avais attrapé l’accent catalan . Et j ai bien guérie je n’ai pratiquement plus rien eu et j’ai 62 ans .pourvu qu ça dure ….

  4. Je decouvre moi aussi votre blog qui me replonge dans l’heureuse atmosphère de mes séjours à Bagatelle, 2×3 mois d’été loin des parents, en 67 et 68 je crois, j’avais 9 et 10 ans.
    Un moment à part dans ma vie !
    Les tablées où je mangeais tout le plat de cervelles car les autres n’aimaient pas, les sorties où on fabriquait des cabanes, les balades à pieds vers le four solaire d’Odeillo, séances de kiné respiratoires pour apprendre à expectorer…J’ai toujours gardé un souvenir ému. Je voulais même devenir directrice de home d’enfants…
    Je me rappelle aussi lorsque nous croisions d’autres groupes d’enfants, comme ceux habillés en marine et rouge, ceux du Mas Catalan je crois…
    Pour moi aussi il n’etait pas question que ma famille mayennaise suive; c’etait déjà une sacrée affaire de descendre jusque là, ma maman me laissant le coeur gros, alors que moi j’adorais !
    Merci pour votre initiative !
    Laurence Rossignol.

    1. Bonjour Laurence
      Te souviens des noms des monitrices et autres personnels de l’époque ?
      J’y etais en 70 / 71 et je me souviens de Josyane , il y avais Martine aussi . L’institutrice était Madame Ramirez ( je crois )
      La directrice était madame Proglio ou lalande ou Delalande ?
      Si tu as des souvenirs , merci de partager …
      Bonne journée et au plaisir de te lire ?
      Fabrice

      1. Bonjour à vous tous,
        aujourd’hui :
        C comme cinéma
        Tous les lundis soir, c’était cinéma ! On attendait toute la semaine ce moment avec une grande impatience d’autant plus que l’affiche du film était présentée à l’avance.
        La salle de classe se transformait en salle de projection.
        Un grand bonhomme édenté et souriant arrivait donc tous les lundis avec son matériel et ses bobines pour nous projeter des westerns et autres films dont nous annoncions régulièrement et fièrement le titre dans nos courriers envoyés toutes les semaines à nos parents.
        Mais ce « Cinema Paradiso » pouvait virer au tragique ! En cas de punition collective, (ce qui arrivait hélas beaucoup trop souvent), nous étions parqués comme du bétail dans la salle limitrophe, la tête penchée sur nos bras croisés, condamnés à n’avoir du film en question que le son ou la musique, véritable torture, surtout quand nos camarades préservés de la punition riaient lors des passages comiques. C’est un des pires souvenirs que je garde de cette période.

  5. Je suis allée à Font-Romeu à l’espérance pendant l’été 69 ou 70.
    On dansait la sardane je crois pour préparer un spectacle de fin d’été.
    J’allais rentrer au CP.
    J’ai 53 ans maintenant et vis en Californie et ces mois à la fin des années 60 me paraissent magiques…

    1. J ai lue votre message j ai 55 ans je suis venue moi aussi faire des cure a l esperance que de bon souvenir j adore font romeu actuellement je reside a cote de bordeaux et va entreprendre des demarche pour venir resider a font romeu mr senac

      1. J’ai réalisé deux séjours de 10 et 8 mois à la résidence de l’espérance à l’âge de 7 et 8 ans et j’ai 52 ans. J’ai des souvenirs émus de cette période qui resta importante pour moi. Je me souviens, je crois, du nom de la directrice, Madame Roca (désolé pour l’orthographe du nom) et de quelques monitrices comme Maguy, Ingrid et Chantal. Je me souviens des cours et du classement scolaire affiché au réfectoire et l’horrible semoule qu’il fallait manger pour grossir (j’en ai longtemps gardé une profonde aversion). Après, mes souvenirs se voilent car avec le temps….

        1. Bonjour Bruno, et merci pour ce témoignage. J’ai retrouvé tous les courriers échangés avec mes parents sur cette période à l’Espérance, de 1965 à 1970 lorsque j’étais âgé de 8 à 13 ans et je rédige actuellement un livre de souvenirs sur cette période. Les cheftaines, Madame Roca, le réfectoire, tout cela me parle beaucoup et j’ai décidé d’y retourner cet été pour quelques jours. Bien cordialement,

  6. Bonjour,
    j’ai passé de nombreux mois en cure dans ce qui s’appelait à l’époque : l’établissement Héliothérapique de Font-Romeu (certaines photos du blog le présente). Le dernier séjour dura 21 mois.
    Ma famille résidait le Pas de Calais. J’ai obtenu l’autorisation (du Dr Tulpin) de retourner passer les vacances de Noël après 15 mois de séparation familiale. De mes cures (de 1961 à 1968) je garde de bons souvenirs malgré la discipline très stricte qui y était appliquée. Tout le personnel y était super, de mémoire : madame Auzé , mademoiselle Burcey, madame Mazelle,(les infirmières pour ne citer qu’elles) ,monsieur Charrière (le kiné)et les instit , monsieur Tuber, Bartrina, ect. Souvenirs très lointains mais ancrés à jamais.

    1. Claude, un petit sejours de 7 mois de mai 1964 a decembre 1964. Malgre la separation, cela reste un bon souvenir. Excellent kine que Mr Chariere et tres bons sousvenirs de Madame hazelle ( ou mazelle ? ). Egalement Mr choniot le prof de cablage ou d’electronique . Et un paysage extraordinaire

  7. J’ai passé plus de huit années.
    De 7 à 14 ans.
    Souvenir, d’un home d’enfant à font Romeu, le Mas Catalan..
    Merci à la famille Santanac, au Docteur Cochois, merci aux Damies
    Un Font Romeu, que je n’oublierai
    J’amais
    Christophe. De Tours.

    1. Sébastien Gois
      24 Juin 2019
      je des-couve le blog hui soir
      Bonsoir a ce qui on fer un se-goure a Bont-Romeu dans se maison pour les Asthmatique ou autre maladie enfantine ,
      moi j’ai passe de 7 a 12 ans, année 78 a 83 a voir pour année 83 , aujourd’hui j’ai 48 ans ,
      le plu dure a sur-prote ce le des par de ma familiale vu qui venet par couvant me voire ,
      j’ai passe des bon moment et des mauvaise et des bon rire , et les soire jeux ou télé ou autre, et li mon fer aimé le spots , a la maison des Balcon de Cerdame de Font-Romeu

      1. Pour ma part je suis passé à l’Espérance, à 5 reprises pour un total de 30 mois.
        Je « profite » du confinement pour mettre par écrit mes nombreux souvenirs.
        Bien à vous,
        bertrand

        1. bonjour ,

          j’ai découvert ce site, lorsque j’ai souhaité aller à Font Romeu et voir si la maison d’enfants l’Espérance ou je suis allé de 1971 à 1974, à chaque fois de septembre à juin, existait toujours.
          Contrairement à tous les messages , je n’ai pas de bons souvenirs, notamment toujours gravée dans ma mémoire la méchanceté d’une cheftaine appelée Magui.
          La maison d’enfants n’existe plus elle a été remplacée par une résidence de vacances.

          Jacqueline

          1. C comme cheftaines
            Responsables d’une tranche d’âge, chez les filles ou chez les garçons, elles étaient nos référentes au quotidien, nos confidentes, que l’on appréciait ou que l’on craignait.
            « Cheftaine Maguy », s’occupait des garçons, plutôt des grands ; « Cheftaine Marie » elle, s’occupait des filles.
            Célibataire comme beaucoup d’entre elles je suppose, blonde, avec des nattes, et un « panty » bleu marine l’été, « Cheftaine Maguy » était très stricte, et il fallait « filer droit ». Je me souviens aussi qu’elle chantait comme une casserole, ce qui est gênant vu qu’on chantait tout le temps. Le pauvre métèque de Moustaki était littéralement massacré.

            Il y avait aussi une cheftaine en chef, dont je ne me rappelle plus le nom, qui était beaucoup plus proche de la direction et qui s’occupait de notre accueil avec un langage très châtié. C’est aussi elle qui veillait à la bonne conformité de notre « trousseau ».
            Dans le turn-over de ces jeunes filles qui nous encadraient, il arrivait que l’on croise parfois des profils plus rares, moins stricts et plus marqués par la bienveillance, voire par une certaine complicité. Mais c’est peut-être mon statut de chouchou, avec certaines d’entre elles, qui me fait dire cela.

  8. Bonsoir à tous!

    je tombe par hasard sur ce blog,
    j’ai passé 3 hivers à Nivôse, chez Mr et Mme Bohène,
    je n’en ai gardé que de très mauvais souvenirs, j’avais 5.6. et 7, j’avais une peur bleue des ventouses qu’on nous posées quant on toussait trop la nuit, 3 fois dans le même séjour, le dos brulé, les douches collectives où on attendait nu dans les couloirs notre tour, la punition de la culotte sur la tête si on l’avait sali, les minutes interminables à plat ventre sur le lit, tête vers le bas, pour nous faire cracher ce qu’on avait dans les poumons….. j’ai 57 ans et je m’en souviens comme si c’était hier!
    qu’est devenu cet établissement et les gens qui en étaient les gérants,?

      1. Bonjour à tous.
        J’ai effectué deux séjours à Nivose. J’avais 11 et 12 ans. Des souvenirs mitigés. Quelques bons copains et copines, la fille des propriétaires Geneviève qui était gentille. Par contre,une discipline de fer.
        Le premier jour au déjeuner ou au dîner, j’avais eu le malheur de sentir mon assiette et monsieur Bohene qui trônait en pater familiae m’avait copieusement engueulé devant toute l’assemblée car il trouvait cela totalement incorrect. Lorsque nous allions marcher vers l’ermitage en plein soleil nous n’avions pas la possibilité de boire, alors que les surveillantes elles pouvaient se rafraîchir à leur guise.
        Elles nous expliquaient tout bonnement que les enfants n’avaient pas besoin de boire….
        Un jour,où j’avais eu l’outrecuidance de bavarder pendant la sieste , pour punition on m’avait obligé à faire l’anesthésie reste de la sieste à même le sol en plein soleil au milieu de la cour….Les méthodes pédagogiques étaient plus proches de celles de la légion que de Françoise Dolto…
        Le soir nous formions une chorale.
        Je me souviens que sur l’air de  » Étoile des neiges » les paroles étaient.
        « – Oui c’est à Nivose que l’on est heureux.
        Chacun y ose rire comme il veut
        Enfants de tous âges, reprennent courage
        En bonne santé ils peuvent rire et chanter.
        Le matin pour le petit déjeuner nous devions faire la queue afin de faire la bise à monsieur Bohene et le soir après le dîner, même chose pour dire bonsoir…
        Mais il y avait aussi de bons moments passés avec des copains et copines venant de toute la France.
        Ah….Un dernier souvenir humoristique.
        J’avais écrit une carte postale en m’adressant uniquement à ma maman.
        Le service de  » censure » Nivosien l’avait intercepté et l’on m’avait grondé en me disant qu’il fallait que je l’adresse à ma mère et aussi à mon père .
        Du coup la monitrice qui était appelée « Yéti  » me l’avait rédigée.
        La carte était une photo du chalet.
        Elle commençait ainsi:
        « – Voici le chalet tel que vous l’avez pu voir….. »
        Ma mère avait immédiatement compris que je n’en étais pas l’auteur … Ahhh..C’était le bon temps..

    1. Bonjour,

      J’ignore pourquoi, ce matin en me réveillant j’ai pensé au chalet Nivôse de Font-Romeu ou j’ai passé plusieurs séjours lorsque j’étais enfant dans les années 60 et après une rapide recherche j’ai trouvé votre blog.

      Cette maison pour enfants accueillait de petit(e)s asthmatiques comme moi ou des gamins souffrant d’eczéma pour des « cures » sensées les remettre en bonne santé…

      L’établissement était dirigé de main de fer par Monsieur mais surtout Madame Bohène qui avait tout d’une Folcoche de « Vipère au poing » et elle nous terrorisait littéralement.

      Devant les parents ou les accompagnantes de la sécu elle se montrait aimable mais dès que la porte se refermait derrière les visiteurs le masque tombait, elle critiquait ceux qui venaient de quitter les lieux leur reprochant par exemple de ne pas avoir apporté des fleurs, d’avoir été des enfants exécrable pour les anciens résidents…

      En arrivant là-bas après 12 heures de train (je venais de Strasbourg) c’est Monsieur Bohène qui nous cherchait à la gare avec sa R16 (je crois, enfin il y avait le levier de vitesse au volant) puis au chalet le comité d’accueil constitué des « M’zelles » (les monitrices) et de la directrice nous invitaient à prendre non pas une boisson de bienvenue mais un suppo ou plutôt un morceau de savon dans le derrière afin de vite aller à la selle.

      Effectivement comme j’ai pu le lire plus haut, une des punitions c’était les séances de ventouses auxquelles je m’étais habitué et qui ne m’effrayaient plus.

      Il y avait aussi l’enfermement sur le balcon du haut seul pendant des heures pour un pipi au lit, des claques et des fessées pour une broutille et des engueulades pour ne pas avoir mis ses chaussettes comme il fallait, celle de droite à droite et celle de gauche à gauche (comme les chaussures mais adulte aujourd’hui je ne fais toujours pas la différence…), une lubie quoi !

      Il y avait aussi la menace de nous envoyer au « Sana » (le sanatorium) un endroit lugubre et effrayant pour nos yeux d’enfants dans lequel aucun de nous ne souhaitait être enfermé.

      Le soir interdiction de boire à table mais nous nous rendions en cachette à la salle de bain pour étancher la soif. Si on se faisait prendre c’était une fessé mais si elle était infligée par M Bohène c’était vraiment pas fort (il faisait semblant pour la galerie) car les « M’Zelles » dormaient dans un petite pièce jouxtant les dortoirs percée d’une vitre pour nous surveiller.

      Je me souviens des sorties pédestres (en chantant, au pas « Ils étaient trois garçons ») direction le « calvaire », un chemin de croix qui grimpe une colline au sommet de laquelle se trouve un Christ crucifié où il fallait réciter le « notre père » puis « je vous salue Marie » (en tant que protestant j’avais le droit de ne pas le dire (à ma grande joie).

      Le soir après le dîner des chants (« Oui c’est à Nivôse » sur l’air de la chanson « étoile des neiges » comme déjà évoqué ici), « Qué Canto, Qué Canto » (une chanson en catalan apprise phonétiquement, je me souviens qu’il y avait une histoire « d’Anzélou » dedans…) et encore des prières…

      Je me souviens des repas, de la viande trop dure qui finissait en boule dans la bouche avec l’impossibilité de l’avaler (elle terminait dans la poche puis dans la nature ou les toilettes), les horribles blettes (ça m’a découragé d’en remanger depuis) et il fallait, après avoir plié et empilé sa serviette avant de sortir du réfectoire, ouvrir la bouche devant Madame Bohène pour vérification…

      Les pesées hebdomadaires, les résidant devaient prendre du poids pendant leur séjour.

      Quotidiennement, l’hiver en particulier, c’était la séance de claques à la Nivéa, les mômes en rang d’oignon devant la directrice passaient à tour de rôle pour se prendre de la crème avec « douceur ».

      Paul, un enfant étrange au statut spécial qui étaient logé près de l’infirmerie (on n’a jamais su pourquoi et qui il était en réalité) et que j’ai vu à chacun de mes séjours à Nivôse…

      Lorsque nous recevions un colis de nos familles il fallait partager les quelques jouets ou friandises qui s’y trouvaient, seuls les vêtements nous revenaient de droit.

      Parfois le mercredi soir, dans un élan de générosité, le couple permettait aux plus grands de regarder la télé dans leur appartement (Belle et Sébastien, Zorro).

      Les différentes chambres portaient des noms de couleurs et toutes les pièces étaient décorées de masques Disney (Mickey, Donald principalement de mémoire).

      Il y a tant de souvenir qui me reviennent comme le jour où mon pouce droit a été écrasé par accident dans une porte et que Madame Bohème a trouvé utile d’arracher l’ongle en passant le doit sous l’eau froide, pas de radio pas d’hôpital, pas même d’avis médical… J’en ai gardé des séquelles toutes ma vie.

      Mais il y avait aussi la gentillesse et la douceur de Geneviève, la fille Bohène, déjà évoquée sur un commentaire, lorsqu’elle était à Nivôse (elle suivait des étude d’infirmière à Toulouse), venait nous dire bonne nuit en s’asseyant quelques instant sur le lit de chaque enfant. Sa présence, rare, était toutefois bienveillante et réconfortante.

      À chaque fois qu’une voiture entrait sur la propriété on entendait le bruit des pneus sur le gravier et tous espérait une visite ou qu’on vienne les chercher pour rentrer à la maison mais en général c’était le facteur ou le boucher du coin.

      Globalement je n’en garde que de mauvais souvenirs hormis les jeux avec les camarades comme la construction d’une cabane dans les rochers qu’on avait nommé « les écureuils » avec la complicité de Monsieur Bohème qui était gentil avec nous et, sans le dire à son épouse, nous donnait des clous tordus qu’on s’échinait à redresser, l’odeur de vieux cuir du ballon de rugby qu’il nous prêtait, le chien Patou (un berger des Pyrénées affable), le rocher en forme de moto, le petit terrain de foot et de basket, la vue sur le four solaire d’Odeillo qui nous fascinait et les pierres « précieuses » qui brillaient de mica que l’on offrait à nos premières amourettes.

      Bref, le fait d’évoquer tout cela suscite en moi un curieux mélange d’émotions, du ressentiment bien sûr mais aussi une forme de nostalgie, après tout nous n’étions que des enfants loin de leur parents…

      1. bonjour Jean Luc

        Je vois que je ne suis pas la seule à avoir des mauvais souvenirs! non pas que ça me rassure, mais en lisant les autres commentaires, je me disais,c’est pas possible, je l’ai rêvé!
        Ben non! c’était bien comme ce que tu racontes, exactement!
        les longues marches, on passait devant le sanatorium et on nous disait que si on ne guérissait pas, on finirait là, comme ceux qu’on voyait dehors, sur la terrasse, dans des lits d’hôpitaux sous des draps blancs….
        Et dans le réfectoire, une chanson à la radio qui revenait sans cesse, celle de Michel Sardou, la Maladie d’Amour,
        j’ai passé de longues heures en cuisine pour finir mes plats avec Mme Bohême qui me forçait à manger ce que ne n’aimait pas,
        de longues heures aussi allongée à plat ventre sur les lits, le seau au pied du lit, à nous faire cracher ce qu’on avait dans les poumons!
        de longues heures à nous dicter les cartes postales qu’on envoyait aux parents pour dire que tout aller bien, alors qu’on voulait juste s’échapper….
        Merci Jean Luc de ton message, je me sens moins seule du coup…..

      2. Bonjour Jean-luc,
        et merci beaucoup pour ce témoignage. Je n’ai pas connu Nivose, mais l’Espérance, sans doute à la même époque. Je retrouve beaucoup de points communs avec tes observations, avec ce mélange d’autoritarisme et de bienveillance parfois, de traumatismes mais aussi de nostalgie.
        Comme on le voit à travers ces multiples témoignages, quel que soit l’établissement fréquenté, un séjour à Font-Romeu, (ou plusieurs), vous marquait profondément.

        Bien à toi,

      3. Edifiant! vos souvenirs donnent la chair de poule. Je suis éberluée d’apprendre le sort qui était réservé à des pitchounes si loin de leur famille. Je compatis à votre douleur.
        J’écris un livre sur les établissements de santé en Cerdagne; et je travaille actuellement sur les maisons d’enfants de Font-Romeu. Si vous me le permettez, je m’inspirerai de votre texte pour expliquer la vie dans les années soixante dans ce type d’établissement.

          1. merci Jean Luc. J’ai inséré votre texte dans mon chapitre sur les maisons d’enfants de Font-Romeu. Je cherche des photos…

      4. Oh lala ! Tellement vrais tout ces témoignages, j ai encore d autres souvenirs très douloureux pour ma part, le soir on devait laisser notre culotte au fond de notre lit et si elle était tachée, on nous la mettait sur la tête et on allé faire le tour des dortoirs des garçons, il y avait aussi les « rigolos  » cataplasme de moutarde qu on nous mettait sur la poitrine , un camarade nous le tenait et avait ordre de ne pas lâcher car ça « explosait à la figure  » , et tout les matins à trois par WC pour faire la grosse commission, ‘le plus grand sur le toilette les deux autres sur un pot, si on n’arrivait pas à faire, on avait droit à un morceau de savon de Marseille coupé au couteau, j aime autant vous dire que ce n était pas très agréable, d ou une angoisse permanente le matin ,de ne pas y arriver, ‘il y avait aussi les douces tout les soirs, à la file indienne, les mzelles frottant très fort et pour couronner le tout,une bonne poignet d eau de Cologne sur les parties intimes,
        Les repas étaient terribles pour les enfants qui n avaient pas bon appétit, j en ai vu vomir dans leur assiette et être obligé de remanger un peu, mais ensuite l assiette était à nouveau remplie, il fallait tout finir, je pourrai encore donner pleins d autres mauvais souvenirs. …. 😢😢😢😢 heureusement que le chalet et son parc étaient magnifiques, les enfants étaient gentils, l infirmière ainsi que l institutrice aussi , j en ai voulu à mes parents et ais pensé pendant de nombreuses années qu ils m avaient mis dans une maison de correction. … on ne sort pas sans cicatrices de nivôse, j ai 55 ans et j ai encore beaucoup de tristesse quand je repense à cette période, mais ça fait du bien de voir tout ces témoignages on se sent mieux compris, bonne soirée à vous

        1. J’ai voulu lire ce que j’ai écrit ci-dessus à ma femme et arrivé au paragraphe consacré à Geneviève je me suis mis à pleurer comme une madeleine à ma grande stupeur, l’émotion était trop forte et elle m’a littéralement submergé… Plus facile à écrire qu’à lire de haute voix à une personne proche.

          Étonnant. Je suis pourtant dans ma 62ème année et j’en ai vu d’autres…

          Comme quoi Nivôse nous aura marqué au delà de ce qu’on peut croire….

        2. Bonsoir Maryline
          Je lis avec stupéfaction votre réponse qui ne fait qu’accréditer le ressenti de Jean-Luc. Aussi, comme je l’ai fait pour lui, m’autorisez vous à mettre votre texte dans le livre que j’écris sur les établissements de santé en Cerdagne (toutefois, je ne veux pas être présomptueuse sur sa publication…).

          1. Bonjour mylene,
            Vous pouvez écrire mon témoignage dans votre manuscrit, ça me fera du bien quelque part , j ai mis tellement d années à chercher des personnes qui étaient à Nivôse afin de savoir si rien n était le fruit de mon imagination. La première personne que j ai retrouvé quelques années auparavant était une ancienne monitrice de nivôse c est elle qui M a dit que  » rien n etait le fruit de mon imagination que tout était bien réel,  » , que Mme bohene était une  » vipère », …… j ai pleuré devant mon clavier tellement les émotions étaient fortes ,
            Bonne journée mylene, et merci pour ce que vous faites, un manuscrit ne peut que nous libérer de notre douloureux séjour à Nivôse

          2. Bonjour mylene,
            Mes témoignages dans votre manuscrit me feront du bien quelque part , j ai mis tellement d années à chercher des personnes qui étaient à Nivôse afin de savoir si rien n était le fruit de mon imagination. La première personne que j ai retrouvé quelques années auparavant était une ancienne monitrice de nivôse c est elle qui M a dit que  » rien n etait le fruit de mon imagination que tout était bien réel,  » , que Mme bohene était une  » vipère », …… j ai pleuré devant mon clavier tellement les émotions étaient fortes ,
            Bonne journée mylene, et merci pour ce que vous faites, un manuscrit ne peut que nous libérer de notre douloureux séjour à Nivôse

        3. Bonjour Maryline,
          Tout ce que tu racontes, je m’en souviens comme si c’était hier….ça n’était pas si paradisiaque que ça, plutôt maison de correction. Je le rappelle à table, on nous servait des épinards qui me filaient la nausée, et que je vomissais, m ou Mme Bohème en passant me mettaient une grande claque, et m’obligeraient à remanger ce que j’avais vomis….la culotte sur la tête si on l’avait salie, les ventouses….les colis triés à l’arrivée, les siestes au froid sur le balcon, là seule chose que j’aimais faire à Nivôse, c’était du trapèze dans la cour de Nivôse….j’ai 58 ans et je me rappelle de tout…..

      5. Jean Luc H, je me souviens très bien de Paul, il avait une soeur, on disait que c était les enfants adoptifs de mr et Mme bohene, les pauvres ils n étaient pas bien traités , en qu elle année y êtes vous allé? Moi c était en 1973 ,74 et 75, de septembre à décembre

  9. Je découvre ce blog en recherchant l adresse de La maison d enfants l Espérance à Font Romeu ou je viens d arriver pour 5 jours de vacances. Mon cœur se serre,mes souvenirs lorsque j y séjournais car j étais asthmatique de 8 à 10 ans (1972_1974) 2 années scolaires. Ce sont d affreux souvenirs, on nous appelait par nos noms , j ai eu droit à de profondes humiliations, maintenant on appelle ça harcèlement. Obligé de manger pour grossir, frappé, caressé par des garçons plus grands 12, 13 ans qui découvrait leur sexualité. Ma monitrice que l on appelait cheftaine Eliane était très gentille, mais une autre, Maguy, qui s occupait des grands garçons fait partie de mes cauchemars, ME Roca la directrice était aussi gentille avec moi. Malheureusement je ne me souviens que des mauvais moments dont je n avais pas conscience de l impact à 8 ans et qui me hante encore aujourd’hui à 55 ans, difficiles moments en plus d être séparé de mes parents, frères et sœur. Pour mes parents C était un long voyage et beaucoup de frais ils m emmenaient en septembre, venaient 5 jours en février pour revenir me chercher en juin. Juillet 2019, je suis en vacances à Font Romeu, j ai une sensation bizarre, mais aussi contente d avoir eu l audace de revenir.

    1. Bonjour Jacqueline
      J’ai passé toute mon enfance a L’espérance ou mes parents travaillaient
      Puis travaillé moi même au Nid Soleil
      Oui tout a une fin
      Plus que des traces de ce qui a existé
      Je peux trouver qqs photos de l’espérance
      Philippe

  10. Bonsoir
    J’étais a la Maison d’enfant  » Bagatelle  » en 1970 et 1971 .
    J’ai souvenir de quelques noms de Monitrice comme Josiane ( gardiole je crois ) ,Martine . Madame Proglio la directrice .
    Quelques noms de copains de l’époque comme Jean Pierre Godéré , Duvivier ou cuvivier ? Roger Germain qui était fan de Johnny Hallyday .
    Si vous avez des souvenirs ?

  11. Un merveilleux souvenir de Nivôse.
    4 hivers passés au milieu des années 70 (j’avais de 4 à 7 ans).
    Un site magnifique, grand chalet au sein d’une forêt, neige et montagnes; le camping proche du site n’existait pas et les constructions actuelles autour de Nivôse non plus.
    Les balades à pied autour étaient chouettes (forêt, centre ville, ermitage, calvaire…).
    Batailles de boules de neige, bonhommes de neiges, luges, balançoires.
    Nous allions à la messe le dimanche. Je ne sais plus si c’était le mercredi ou le dimanche, un monsieur venait installer dans une salle au rez de chaussée un projecteur de ciné et nous regardions des films (Peau d’âne, le petit poucet…), je me rappelle de sa voiture une citroën DS.
    Merveilleux Noêl à la montagne avec un grand sapin dans la grande salle à manger, messe de minuit, une fausse cheminée installée chaque Noêl.
    Effectivement le couple qui dirigeait Nivôse s’appelait Bohème, leur fille Geneviève travaillait avec eux (je crois qu’elle était infirmière). Les autres personnes qui me reviennent sont Geneviève je crois (une monitrice), Suzanne (je crois une cuisinière) et une autre personne pour le linge (j’ai oublié son prénom). Une découverte: les pots en verre sur le dos quand j’étais malade.
    Je garde de cette période des souvenirs merveilleux et j’ai une pensée tendre et mélancolique pour ces personnes qui ont été attentionnées à mon égard; en effet j’étais comme le « chouchou » car j’étais l’enfant le plus jeune (4 ans) et Geneviève (cf ci-dessus) m’affectionnait bien car elle n’avait à cette époque pas d’enfants.
    Je pleurai en arrivant car mes parents me laissaient et j’étais triste en repartant car je quittais ce petit paradis.
    Une pensée affectueuse et chaleureuse envers ces personnes, bien triste que Nivôse soit devenue un squat et sans doute ensuite rasée pour de nouveaux projets immobiliers.

  12. Je découvre ce soir par hasard et avec émotion ce blog. En fait je travaille sur une chronique de mon enfance que j’essaie de reconstituer. J’ai aujourd’hui 68 ans. J’étais un gosse chétif de 10 ans, lorsque venant de Lorraine et accompagné par une assistante sociale, je suis arrivé à Font Romeu vers octobre 1961. J’ai passé près de 6 mois, je crois, à la clinique l’Espérance du docteur Capelle pour traiter mon asthme. C’était le début des traitements par « desensibilisation ». Je me souviens des séances de piqures quotidiennes/hebdomadaires, alors que d’autres enfants accrochés je crois par les pieds et la tete tournée vers le bas essayaient de vider leurs bronches.
    Je me souviens des dortoirs et douches collectives, des chefs et cheftaines, des repas en communs, des plats servis ,très différents de ceux que je connaissais (cervelle , porridge pour me faire prendre du poids, les gnocchis de semoule, etc…
    Je me souviens des ballades/promenades dans les environs, les Moniteurs , une Baguette et un fromage dans leur sac à dos, de la messe dans une Chapelle près de Mont Louis – dehors de la neige et des skis adossés aux murs.
    Je me souviens des colis que je recevais de ma mère , qui étaients ensuite partagés avec les autres enfants, de ma fébrilité quotidienne lorsque la poste était distribuée , mais aussi de moments tragiques, celui d’une nuit où un autre enfant de notre dortoir était décédé.
    Je me souviens qu’au début du séjour, j’ai souffert de la séparation de ma famille, j’avais le mal du pays. Par la Suite, cela s’était peu à peu estompé.
    En 2011, 50 ans après, je me trouvais dans la région, une certaine nostalgie m’avait touché et je me suis déplacé sur Font Romeu, espérant y retrouver des traces de ce séjour, de cette clinique, mais je n’ai plus reconnu l’endroit et on n’a pas pu me dire ce qu’était devenu cette clinique.

    1. Merci pour ton récit .
      Je ne saurais te dire ce qu’est devenu la clinique en question car en effet Font Romeu a beaucoup changé et les bouleversements sont nombreux .
      Le Home d’enfant  » Bagatelle « ou j’étais est devenu des appartements privés . Le  » Home Catalan  » et tant d’autres ont carrément disparus également !.
      Je suis retourné a Font Romeu en 2019 et le Paysage a évolué …
      Je me retrouve dans ton récit car tous étaient basé sur le même mode de fonctionnement .
      Au plaisir de te lire a nouveau

    2. Bonjour Alain,

      Je suis content de lire ton témoignage, car j’ai profité du confinement, pour me replonger moi aussi dans cette période.
      Voici un extrait :
      Bien à toi,
      C Comme Chants et musiques :
      On dit souvent que les chansons sont étroitement associées à des lieux ou des instants très précis de notre vie. Comment dire le contraire ?
      Cette période est pour moi marquée par de multiples chants de chorale, (passage obligé de cette vie en collectivité et chants de type scout, que l’on reprenait en canon, comme « Vent frais, vent du Matin ») mais aussi de chansons des sixties, diffusées par Haut-parleurs, que l’on écoutait lors des séances de « cure », allongés sur nos paillasses en ressorts métalliques, enveloppés dans une couverture marron, sur les terrasses exposées au sud (résidu des pratiques de sanatorium ?) :
      Certaines chansons ou contes musicaux, qui revenaient en boucle, me transportaient littéralement, me faisant oublier l’inconfort des « lits » ; C’était le cas d’un conte musical sur un voyage en ballon au-dessus des Pyrénées, avec musique espagnole.
      Quant aux chansons, certaines figurent toujours en bonne place dans mon Panthéon musical :
      « J’aimerais temps voir Syracuse » version Yves Montand.
      « Elle avait un joli nom, Nathalie » de Gilbert Bécaud.
      D’autres revenaient sans cesse dans nos chorales, autour d’Hugues Auffray (« Santiano »), et de Joe Dassin, qui allait « siffler sur la colline » ou « acheter ses petits pains au chocolat ». Le lugubre Jean-François Nicot, chanté par Edith Piaf et les Compagnons de la Chanson et leurs « 3 cloches qui sonnent sonnent.. » était cependant contrebalancé par les rythmes plus joyeux du «sirop Typhon » de Richard Anthony ou de « l’hiver qui frappe à notre porte » avec Rika Zaraï et son « Casatchok » que nous donnions parfois en spectacle ! Je retrouve également la trace d’un tube mielleux d’un certain David Alexandre Winter que nous reprenions : »Oh Lady Mary ».
      Sur nos bandes préenregistrées, nous avions également le droit à certains sketches, dont le célèbre « Télégramme » d’Yves Montand que je pourrai presque réciter par coeur : « La ville est morte depuis que tu es partie, mais la statue est toujours à la même place… » puis la question de la standardiste très peu concernée par l’émotion de l’auteur :« Je t’aime, je t’aime… Alors? trois fois je t’aime? »

      1. Bonjour Bertrand
        Nous avons 10ans de différence, nous aurions donc du nous croiser en 1967 ou 68, j’avais 4/5 ans, et malheuresement je ne me souviens pas de grand chose si ce n’est de quelques chansons dont certaines ont été évoquées dans ton post, chanson de l’époque avec en plus l’Etoile des Neiges, mais la encore je ne suis pas certain des dates…
        Ceci dit merci pour ton message, cela fait toujours de l’eau à mon moulin….

    3. je travaille en ce moment sur l’écriture d’un livre consacré à l’histoire des établissements de santé en Cerdagne. M’autoriseriez-vous à citer votre commentaire ? Par ailleurs, comme vous êtes, vous aussi en train d’écrire vos mémoires, il me serait agréable de pouvoir rentrer en relation avec vous pour échanger sur vos souvenirs.

  13. Bonjour
    J’ai trouvé votre blog en rentrant d’une balade a la maison d’enfants Bois soleil à super-bolquere en cherchant des photos de Bois soleil sur Google .
    J’y ai passé l’été 69 j’avais 5ans les étés suivants (6 ans 7 ans )j’étais à KEr ana ensuite a je suis revenu à Bois soleil pour mes 8 ans .
    L’hiver les parents avait un appartement à super bolquere on venait skier car mon père était moniteur dans des colos
    Je me suis retrouvé dans votre article si émouvant même si je ne restais que un ou deux mois car c’était pour soigner mes rhino pharîngites.
    J’ai 55 ans et je suis revenu faire des
    locations de vacances là où j’ai tellement aimé la montagne. c’est maintenant les autres qui viennent en séjour chez moi. !!
    Merci pour votre article cordialement Guy

    1. Bonjour je découvre votre conversation. Je suis asthmatique et souffre d’eczéma. Pouvez vous me dire si les thermes de fontromeu soignent bien ces deux pathologies et ou m’adressez pour l’hébergement. Je vis e France et j’ai 53ans demain. Cela fait plus de 20 ans que je fais des cures pour me soigner et il n’y a que cela qui a amélioré ma santé. Bonne soirée

      1. Bonjour je connais pas maintenant les maisons de cure dans le coin je pense que le mieux c’est de vous adresser au thermes du Vernet les bains qui pourront vous renseigner
        Bonne recherche
        Cordialement

      2. Bonjour,
        Les Thermes de Molitg-les-Bains (dans le Conflent, 15 km de Prades) sont recommandés pour soigner les rhumatismes, les voies respiratoires et la dermatologie.
        https://www.tourisme-canigou.com/decouvrez/les-eaux-thermales-catalanes/molitg-les-bains
        Dans le contexte actuel, comme tout autre établissement thermal, il est actuellement fermé.
        Nous ne connaissons pas encore la date de ré-ouverture.
        Nous vous invitons à recontacter l’Office de Tourisme Intercommunal Conflent Canigó courant mai (info@tourisme-canigou.com ou 04 68 05 41 02).
        En attendant, prenez bien soin de vous.

  14. Bsr
    Je viens trouver ce blog Que de bons souvenirs octobre 1959 à juin 1960
    Je venais de Metz et mes parents sont venus me chercher car je ne voulais plus rentrer J’étais au Home Catalan le ski était ma passion J’ai 72 ans et j’y suis retournée une fois avec mon mari et mon fils le bâtiment était encore debout !! J’ai très souvent des flaches de cette période de ma vie d’enfant pour dire que j’ai toujours aimé cette région j’ai le Canigou en ouverture du smartphone !!!
    La seule personne dont je me souviens du nom est SACHEM!!! C’était le mono de ski…
    Merci à Patrick Caron pour son texte qui nous transmet beaucoup d’émotions… bonne santé à tous
    Amicalement Simone

  15. Bonsoir,
    La découverte de ce blog et la lecture de vos témoignages on ranimé tant de beaux souvenirs enfoui au fond moi…
    J’ai fréquenté « le home catalan » en 1955/1956 et 1957 ou je garde encore quelque souvenirs comme par exemple le rituel du gouter de 4 heures, ou au pieds de l’escalier nous devions choisir ou une barre de chocolat ou une barre de pâte de fruits, a mettre dans notre pain, puis « Bois soleil » en 1958/1959 et 1960, pendant 6 mois a chaque fois, je me souviens de nos promenades dans les bois sous la neige, des Dimanches ou nous allions a la messe en ski « en bois » j’ai d’ailleurs fais ma communion a l’ermitage, et surtout, je me souviens de la salle a manger ou nous prenions nos repas, il y avait une double porte vitré et derrière une tenture rouge ou nous entendions la télévision de Mr et Mme GUINOVARD et leur fille, tout les soirs, nous entendions la musique du générique du feuilleton (Jeannique Aimée) .
    A « Bois soleil » j’avais une amie Françoise SERRA, nous étions inséparable, devenus adultes, nous avons continuer a correspondre pendant des années, un jour nous avons eu la chance de revenir sur les lieu pendant nos vacances, bien que désaffecter, nous avons tout de mème été très émues de nous retrouver devant tant de souvenirs, puis la vie a pris le dessus et nous nous sommes perdu de vue.
    j’ai 70 ans aujourd’hui, cette période a marqué ma vie dans le bon sens, j’ai appris le partage, la communauté, bien que parfois triste d’être séparer de la famille, je ne conserve encore aujourd’hui que de merveilleux souvenirs….malgré ce fichu l’asthme …
    Merci a toutes et a tous pour le partage de nos souvenirs.
    Bien cordialement
    Au plaisir de vous lire peut être a nouveau.
    Christian

  16. Bonjour
    Par hasard sur ce blog incroyable.
    J’ai été à la maison d’enfant VIA SOL.
    Dans les années 60.
    Quelqu’un a t’il des souvenirs.
    Au plaisir de vous lire
    Cordialement
    Joelle

    1. bonjour à tous et toutes

      je tombe sur ce blog ,comme ça fait drôle de se replonger au cœur de ces souvenirs d’enfance !
      je suis allée en 1974 à l Espérance ,je n ‘en garde pas un souvenir formidable, une directrice autoritaire et vieux jeu ,(elle nous faisait mettre à genoux des heures durant la nuit parce qu on avait un peu chahuté le soir et on l avait empêché de dormir , des repas affreux et si on vomissait ,il fallait remanger le vomi ..le dimanche matin ,obligé d’aller danser la sardane sous son balcon en plein soleil pour faire plaisir à Madame ..) bref ; sans parler de maltraitance ,faut pas pousser non plus …Mais bon j’avoues que parfois c’était un peu moyen ..du coup l’année d’après mes parents m ont mis à Via Sol à odeillo via et la ce ne fut que du bonheur !! un accueil et une ambiance chaleureuse ,tout était fait pour qu on s’épanouisse et que ne s’ennuie pas loin de nos familles
      bien sur il y a avait un règlement et une discipline (ça ne ferait d’ailleurs pas de mal à la génération actuelle je trouve .. ) mais nous étions bien traités j’y ai passé les meilleurs moments de mon enfance
      j’ai appris que la fille du directeur ,avait après avoir continué l’entreprise de son père ,le génial Mr Costa ,avait cessé son activité et vendu via sol
      j’ai cru comprendre qu ‘il y avait maintenant un complexe hôtelier
      quelqu’un en sait il plus et le nom de cet hôtel qui a remplacé VIA SOL ?

  17. Ancien élève de l’Espérance, de 1965 à 1971, j’ai lu avec beaucoup d’émotion tous vos témoignages.
    Je profite donc du confinement pour mettre par écrit mes souvenirs de cette période.

    Je me retrouve dans beaucoup de vos témoignages.
    A Bientôt !
    Bertrand

  18. Pendant cette période de confinement nous avons tout le temps de faire remonter à la surface cette période de notre vie ou nous étions coupés des nôtres à l’époque seulement le courrier que tous nous attendions (surtout les colis) !!! avec impatience
    En recherchant au fond de ma mémoire je me suis souvenue que j’avais un petit copain qui me faisait les devoirs !!! Il s’appelait Jean Jacques Moya … c parents étaient rentrés d’Algérie …
    voilà je vais continuer à faire des recherches pour faire ressortir d’autres souvenirs
    À tous ceux qui sont confinés et dont la santé n’est pas au maximum je vous souhaite bon courage …
    De la part d’une Lorraine
    Simone

  19. E comme « L’Espérance » :
    C’est donc le nom de la maison d’enfant de Font-Romeu, où j’ai donc eu l’honneur d’effectuer plusieurs séjours, entre mes 8 ans et mes 14 ans : 3 séjours de 6 mois, 1 séjour de 3 mois et un séjour de 9 mois. (de 1965 à 1971)
    Cela fait, si je compte bien, 30 mois de présence cumulée dans ces lieux.
    Pas moins de treize établissements sur la station prodiguaient leurs soins aux enfants : Bagatelle, le Balcon de Cerdagne (Fédération des Écoles Publiques), Castell Roc, le Chalet Saint-Georges, l’Espérance, le Home Catalan, Ker Anna, le Mas Catalan, le Nid Soleil, Nivôse, les Petits Lutins, le Poussinet et Via Sol.
    Lors de nos promenades, il n’était pas rare de croiser les enfants des autres maisons, et ces contacts étaient marqués par une forte identité d’appartenance, (chaque maison avait son signe distinctif) d’où l’échange de regards et de certains noms d’oiseaux..
    L’origine de L’Espérance était étroitement liée à la personnalité du docteur Capelle, pionnier du traitement de la tuberculose à Font-Romeu ; Lors d’un spectacle de Noël, j’eu d’ailleurs l’honneur d’incarner le rôle du Docteur Capelle : Il fallut m’infliger une tonne de laque pour maîtriser mes cheveux en arrière, eux qui ont toujours eu l’insolence de boucler.

  20. Bonjour bonjour,

    Une partie de mon enfance s’est passée aussi à FONT ROMEU
    Dans les annees 60
    Au sanatorium via sol
    Une partie de ma vie pas toujours heureuse.
    J’étais triste de quitter mafamille.
    Quelqu’un y a t’il séjourné .?

    Joëlle

    1. Bonjour
      Moi j’étais au Home d’enfant  » Bagatelle  » …tu peux nous raconter tes journées afin de voir si je subissais les mêmes choses ?
      Dans l’attente …

    2. bonjour joelle
      moi ,j’y suis allée de 1975 à 1981 à raison de 3 mois /an
      j’ai adoré cet endroit ,étant seule avec mes parents à la maison ,adorais me faire des amis là bas
      je me souviens qu il y avait un grand parc rempli de jeux supers , dont un mini téléphérique , des roues de voitures autour d ‘un mas qui tournait et on s’envolait dans les airs en courant dans les pneus ! sans parler d’un endroit ou on pouvait faire du patin à roulettes ,des balançoires
      je me souviens des ballades en pleine nature après la sieste , aux « rochers de Via  » des excursions à la journée aux Bouillouses avec des pique nique géants ,des marches à pied escaladant « l hippopotame » une colline très elevée en face de VIA SOL , des cueillettes aux champignons qu on allait emmener aux cuistot ensuite ,des soirées en chantant autour du feu de la st jean , des soirées « clo clo » passées à danser et à se prendre pour les claudettes ,des soirées cinéma ,des amitiés ,des 1eres amours ..du rituel immuable de chaque journée ..
      c’est vrai qu on était loin de nos familles ,que tout etait nouveau pour moi ,petite bretonne de 8 ans …le paysage ;les montagnes ;la nourriture ;l’accent catalan ( au début je ne comprenais rien !Et quand je repartais je parlais comme une vraie catalane ,ce qui amusait beaucoup mes parents ! )
      bien sur il y avait le coté médical :la pesée ;les radios des poumons ;les séances interminables de kiné respiratoire , les vaccins , et puis le règlement ,en rapport avec ce qui se faisait à l’époque… certains enfants n’arrivaient jamais à surmonter la séparation d’avec leurs proches ou la discipline ,il y avait même des fugues parfois
      le directeur était un homme bon et très humain ,il allait chercher à Alger lui même les petits algériens pour qu ils ne fassent pas le trajet seuls par avion , lui même était d’origine pied noir et il y avait des enfants qui restaient un an voir 2 sans revoir leurs familles ,étant donné l’éloignement de leur pays ,j’aimais tellement ces séjours , que j’en arrivait presque à les envier , pour moi, 3 mois ce n’était pas assez long ! quand mes parents venaient me chercher je m’écriais : deja !! mais quand est ce que je vais revenir ?
      quand j’ai appris que je n’allais plus y retourner ,j’ai pleuré pendant des semaines ..quand j’appris que cette maison d’enfant VIA SOL n’existait plus ,ça m’a choqué..
      pour moi cet endroit est immortel ,ce sont mes plus beaux souvenirs d’enfance que j’ai laissé là bas
      je sais qu un jour je retournerai voir ce qu’est devenu cet endroit et cette région merveilleuse

  21. Bonjour
    J’ai 58 et ai fait un ou plusieurs séjours à Nivôse et peut-être à Bagatelle. Lors de mon premier séjour je devais avoir 4 ans ce doit être en 66. Hélas je ne me rappelle pas de chose si ce n’est le céleri qu’on nous oblige de manger et que moi je mettais dans les poches de ma robe de chambre, ne les vidant pas je me suis fait pincer…
    Ceci dit ma compagne très physionomiste et moi-même pensons que je suis sur une des photos publiées plus haut, si quelqu’un a plus d’infos je suis preneur.
    Alain

    1. Bonjour Alain
      En quelle année penses tu avoir été a Bagatelle ?
      J’y étais en 1970 /1971 .
      A priori ton nom ne me dit rien mais sait on jamais ,
      Au plaisir de te lire …
      Fabrice

  22. Bonjour,ça fait longtemps que je souhaitais faire ce pelerinage vers font romeu ,ou j’ai de bons souvenirs de mes 2 séjours de cure pour mon asthme . je viens vers vous, pour vous raconter ce que je me souviens de font romeu et Nivôse, Mr et Mme Bohêne et Geneviève leur fille ,infirmière ,d’une monitrice ,dont j’ai encore son poème dans mon petit livre de poesie . Tant de choses me reviennent à l’esprit ,comme les goûter avec du pain ,avec une barre de chocolat, où saupoudré de sucre, où leur éternelle purée de marron (que je detestais) ,leurs gnocci sec sans sauce où si peu que je n’aimais pas non plus , que je recrachait dans les toilettes , tellement c’etait sec ! je n’en mange pas encore aujourd’hui!Une chose que j’ai gardée encore aujourd’hui, ne rien boire en mangeant ,car nous recevions rien pendant le repas , mais apres. Ahhh, les ventouses ,quelle expérience, le charbon noir, qu’on nous donnait aussi ,la cuillère d’huile de foie de morrue …….me badigeonner la gorge avec le bleu éthylène lorsque j’avais mal à la gorge.Mes séances chez un pneumologue ou on me mettais un tuyau dans la bouche ,comme ceux qui font de la plongée sous marine et on me pinçait le nez pour apprendre à souffler !Mes piqûres partout pour tester ce à quoi j’etais allergique(plume, poils, pollen, peuplier ,poussière et acarien) j’en ri encore aujourd’hui, car tout commence par un P.la désensibilisation a fonctionnée pendant plus de 50 ans! Que dire des siestes sur le balcon avec une couverture, des séances de ski que mon papa m’avait ramené car nous dans l’est on n’en faisait pas.Le chien…….patou ,comme il était beau ,pas souvent gentil avec les enfants ,fallait s’en mefier un peu qu’on m’avait dit quand je suis venue , la preuve j’ai un montagne de Pyrénées actuellement .La chanson qu’on chantait le soir, sur le theme « etoile des neiges » un souvenir qui me fait encore rire ,juste au moment où je vous écris ! quand je suis arrivée la 1ere fois, pour 3 mois ,on ne m’avait pas mis à l’école et j’ai dû rattraper un trimestre de scolarité! la 2eme fois quand je suis revenue ,on m’a posé la question « dans quelle classe es-tu » moi dans ma region on ne disait pas CM1 ou CM2 mais 4eme et 5eme , du coup on m’a mis au collège en 5eme alors que j’etais au CM2 , j’ai franchement pas suivi vu la différence d’âge , et j’ai redoublé mon CM2 mais quand j’ai été en 5eme du collège , j’etais la meilleur car j’avais enormément de souvenir du programme.J’ai aimée aller à l’église le dimanche, nos ballades en forêt avec les ski que je ne maîtrisais pas bien .j’avais l’air d’une plouque quand même avec mes vieux ski en bois alors que les autres avaient déjà en fibre, mais mon papa ne savait pas .D’ailleurs , je n’ai jamais su ,d’ou il les avait mes skis .l'(attente du facteur pour les colis et les lettres, mon papa etait écologiste avant l’heure car il m’a toujours ecrit derrière un prospectus alors j’avais la publicité en même temps que ses doux mots ,e en bleu, en vert, en rouge , ou blanc.mon dieu ,oui…….quel souvenir ,alors que les enfants se moquaient de moi de l’excentricité de mon papas, car on nommait cela excentrique alors que maintenant ce serait « écolo »!! je vous laisse ,car je dois sortir ma laïka elle attend, mais j’ai d’autres souvenirs , mais cela ferait un trop grand pavé.bisous à vous tous!

    1. Merci pour vos souvenirs et votre narration… vraiment j’attends la suite avec impatience
      Bonne journée et surtout bonne santé à vous 👋👋

    2. Merci pour vos souvenirs et votre narration… vraiment j’attends la suite avec impatience
      Bonne journée et surtout bonne santé à vous 👋👋

    3. Bonjour Manon,
      et félicitations pour ce témoignage très évocateur. Pour ma part, j’étais dans une autre maison d’enfants, l’Espérance, mais je retrouve énormément de points communs. (alimentation, soins de l’époque, ski…)J’ai profité du confinement pour écrire sur cette période, et ouvrir la boîte à souvenirs. Bien à toi, bertrand

      1. Merci de vos commentaires sur cette période que nous avons passé à différentes époques et dans des institutions d’un autre temps !!! Comment ils réagiraient les enfants d’aujourd’hui !!!…
        bonne journée à vous tous

    4. Très beau texte pleins de souvenirs, les meilleurs souvenirs, mais pour ma part les mauvais souvenirs sont très difficiles à oublier si vous pouviez continuer votre témoignage je le lirai avec grand plaisir, ce n est pas un pavé mais une histoire très intéressante pour se remémorer la vie à Nivôse
      Merci

  23. je travaille en ce moment sur l’écriture d’un livre consacré à l’histoire des établissements de santé en Cerdagne. M’autoriseriez-vous à citer votre commentaire ? Par ailleurs, comme vous êtes, vous aussi en train d’écrire vos mémoires, il me serait agréable de pouvoir rentrer en relation avec vous pour échanger sur vos souvenirs.

    1. Bonjour
      Vous pouvez publier ce que j’ai écris avec plaisir!
      Ceci dit je n’ai que très peu de souvenirs conscients de cette période qui je pense à été difficile pour moi. Si quelque chose me revenait à l’esprit je vous en ferais part, mais pour l’heure rien de plus.
      Je vous souhaite plein de belles choses dans vos investigations.
      Cordialement
      Alain

    2. Bonsoir,

      Pour ma part, pas de soucis, ce sera avec grand plaisir.
      Je vous souhaite bon courage dans vos investigations qui je n’en doute pas serons pleines d’émotions avec de bons et moins bons souvenirs.
      Pour ma part, aujourd’hui, a 70 ans, mes souvenirs sont intactes…et ce sont des bons.
      A bientot de lire votre ouvrage.
      Cordialement
      Christian

    3. Bonjour Monsieur, je travaille en effet depuis le confinement sur mes souvenirs d’enfance à l’Espérance ,entre 1965 et 1970. J’aimerais aussi pouvoir échanger avec vous car nos approches sûrement particulières doivent aussi être complémentaires. Voici mon mail : Bertrand.belleil@gmail.com. bien cordialement,

  24. Bonjour,

    Depuis des années je me dis qu’il serait bien d’envoyer un message à la maison pour enfants Castel Roc à Font Romeu où j’ai séjourné pour deux cures de plusieurs mois de 1976 à 1978 (je n’avais que 6 et 8 ans) pour leur dire à quel point j’ai souffert de la dureté des « règles » du lieu, de la directrice et de certaines monitrices sans cœur ou incompétentes, s’occupant de nous.
    Leurs « méthodes » m’ont d’ailleurs provoquées des peurs que j’ai gardées longtemps.

    Un jour, alors que ma fille râlait parce que son père et moi lui disions de juste goûter un aliment au lieu de dire que ce n’était pas bon, je lui ai raconté que dans cette cure, je n’avais pas le choix de laisser la nourriture que je n’aimais pas, j’avais obligation de manger. Comme j’étais la plus jeune de l’établissement à ce moment-là, j’étais assise à côté de la directrice au réfectoire. On servait 2 fois par semaine des épinards, pas un peu mais la moitié de l’assiette en était recouverte. Juste la vue de cela me donnait la nausée. J’ai dû me faire disputer plusieurs fois avant de subir la punition suprême d’être soulevée avec ma chaise par la directrice et mise au milieu du réfection, exposée à toutes les tables pour être humiliée devant tout le monde parce que j’étais une vilaine fille qui ne voulait pas manger ! Elle me hurlait dessus alors que je tenais ma serviette sur les yeux pour me cacher, en pleurant. Elle me mettait ensuite à la table des « grands » (le centre accueillait des enfants jusqu’à 16 ou 18 ans) pour que je finisse mon assiette, apeurée par les ados qui en définitif avaient pitié de moi.
    Pour éviter ce rituel vexant j’ai trouvé le moyen de cacher ma nourriture sous la table, dans un angle. Donc pour les épinards et les « bouchés à la reine » un truc avec de la sauce blanche et des champignons qu’on avait aussi chaque semaine, j’agglutinais des boulettes mâchées sous la table. Jusqu’au jour où on l’a découvert et m’a fait gratter à la main le monticule durci. Que dire lorsqu’on a 6 ans et qu’on nous force à boire chaque matin du café au lait au lieu du bon chocolat au lait que les autres boivent, juste parce que le choix n’était pas mentionné sur les papiers d’inscription. Je déteste toujours le café et les champignons !

    On devait faire la prière debout devant sa chaise avant de manger, bon ok c’était un centre catholique.
    J’ai également connu, comme je l’ai vu dans un précédent message, les files d’attente pour les douches, pour les filles, les unes derrières les autres, nues attendant de passer dans une cabine de douche où une monitrice ou éducatrice (je ne sais pas comment on les appelle) nous demandaient de nous savonner et ensuite nous rinçaient au jet qu’elles tenaient en s’amusant, remontant des pieds à la tête, le dos d’abord et devant, en insistant sur le visage, le jet bien en pleine face ça les faisait rire alors que ça contribuait à me créer une peur de l’eau.

    Lorsqu’on recevait un appel téléphonique des parents ou un colis, on devait parler devant la directrice qui écoutait, à côté, assise à son bureau. On devait répondre « oui tout va bien, je suis contente d’être là ». Pour les colis, ils étaient ouverts par la directrice qui faisait déjà un tri, nous confisquant au passages les bonbons qu’elle mangeait.

    Les fameuses lettres qu’on envoyaient une fois par semaine aux parents. Le texte était écrit au tableau pour être sûr qu’on écrivait que des choses positives et qu’on ne se plaignait pas. On devait les mettre dans une enveloppe mais pas la fermer. Bien sûr elles étaient relues par la directrice et sûrement recalées si elle ne correspondait pas au texte type. J’ai essayé de rajouter une phrase « venez me chercher, je suis trop triste », mes parents n’ont jamais reçu ces lettres. Une fois j’ai voulu envoyer une lettre en cachette par une fille qui finissait son séjour et partait avec ses parents l’après-midi même. Elle devait mettre la lettre dans une boite aux lettres mais ces parents n’ont pas voulu s’en mêler et m’ont rendu la lettre.

    Les autres enfants me volaient ce qui avait de l’importance pour moi, ma montre, les cartes postales que je recevais de mes parents, les unes plus mignonnes que les autres, les monitrices me les lisaient et je devais les mettre dans mon casier sous le pupitre dans la classe. Ma mère m’en envoyait tous les jours et je suis rentrée chez moi avec seulement une ou deux cartes postales en souvenirs.

    Dans le dortoir des filles, on était de tout âge. Certaines filles s’amusaient à me faire peur, lorsqu’on éteignait la lumière, les filles me disaient de me lever pour rallumer et au moment où j’avais les pieds par terre, elles me disaient que des gros vers allaient me manger les pieds, je sautais de peur dans mon lit mais elles recommençaient plusieurs fois. C’était comme ça chaque soir. Ado et jeune fille, je ne pouvais pas dormir sans vérifier sous mon lit.

    Il y a tant de choses à dire, et je pensais ne jamais pouvoir témoigner de cette mauvaise expérience, sans amélioration de mon asthme et traumatismes psychologiques en prime.
    En faisant des recherches récemment sur ce centre, j’ai vu qu’il avait fermé, comme souvent, il est trop tard pour en parler alors merci de nous laisser d’une certaine façon, une page pour témoigner.

    Cordialement,
    Syl

    1. Bonjour
      Tant de souffrance émane de vos propos …c’est un traumatisme , il n’y a pas d’autres noms !
      Je reconnais certaines choses que nous subissions également tous a la maison d’enfant  » Bagatelle  » mais c’était beaucoup plus humain que ce que vous décrivez .
      Je suis ce blog avec attention car beaucoup de similitudes dans nos parcours .
      Bonne continuation
      Fabrice

      1. Bonjour Fabrice,
        Oui j’ai 50 ans et ces souvenirs m’ont accompagné toute ma vie, j’en ai parlé à mes proches et mes enfants. Ma mère ne l’a su que lorsque j’étais adulte, par hasard lors d’une banale conversation sur le sujet, j’ai dû penser enfant que c’était normal. Elle a été horrifiée et m’a dit que si elle avait été au courant, elle serait venue me chercher immédiatement, elle le vivait déjà mal car elle n’avait pas envie de m’envoyer là-bas, c’était sur l’insistance de son entourage qui lui faisait des reproches, lui disant qu’elle ne faisait pas tout ce qu’il fallait pour soigner mon asthme (qui d’ailleurs est toujours bien présent) et elle pensait que les séjours ne dureraient qu’un mois, la date de fin étant repoussée chaque mois par le médecin de l’établissement qui trouvait qu’il y avait de l’amélioration.
        La séparation fut très éprouvante car j’étais une enfant timide et anxieuse, j’ai eu en plus des angines à répétitions, je m’en souviens car dans ce cas-là on nous donnait des rectangles de crèmes glacées vanille-chocolat à manger (c’était un avantage alors !).
        Nous vivions à Paris et lors des deux séjours en hiver, mes parents n’ont pas pu venir me voir. Les soirées de Noël, où nous faisions des représentations théâtrales et dansantes devant les parents venus passer la soirée avec leurs enfants étaient un supplice pour moi et les quelques autres enfants qui restaient seuls, je remontais dans le dortoir me coucher tôt en serrant la peluche ou la poupée que j’avais reçu par colis.
        Et pour en revenir sur le rituel des douches et le jet d’eau sur la figure, je ne supporte toujours pas d’avoir de l’eau sur le visage ce qui n’est pas pratique pour les baignades en piscine, du coup je ne m’éloigne jamais du bord.
        J’ai des photos de ces cures mais aucun souvenir positif, c’est bien dommage et oui effectivement ça marque l’esprit, nous ne disions rien, c’était une autre époque ou bien souvent on n’écoutait pas les enfants aussi. Ma fille de 14 ans pense que j’ai vécu au moyen-âge lorsqu’elle entend ça, elle toujours connectée à son smartphone et se révoltant pour tout !

        1. Bonjour
          Je suis très étonnée de lire votre « supplice »! Car c’était vraiment très lourd à supporter pour une enfant
          Moi j’étais au Home Catalan d´Octobre 1959 a juin 1960 et je n’ai gardé dans ma mémoire que de bons souvenirs de cette année passée sur les pistes de ski et du chalet « la poule au pot » et je comprends que vous avez encore beaucoup de mal à en parler… mais le fait de l’écrire et de le partager avec des personnes ayant vécu des situations similaires vous encourageront à poursuivre votre travail de mémoire pour enrichir le livre en préparation sur Font-Romeu
          Je vous souhaite une bonne santé à vous et vos proches
          SB

          1. Bonsoir Simone,
            Castel Roc était plus un établissement comme un pensionnat religieux (une prière avant les repas et des cours de catéchisme à ceux qui le voulaient) pas une maison gérée par un couple voulant donner une vie de famille aux enfants accueillis, comme lu précédemment. Cela n’était pas facile à vivre à 6 ans, je pense que pour les plus grands ça devait être plus agréable, avec les cours scolaires pris en décalage, le soir après la grande promenade (qui semblait durer des heures) dans les prairies alentours et les spectacles de fin d’années, il y avait un air de « colonie de vacances » à la dure sur fond de traitement pour l’asthme.
            Nous ne faisions pas de ski, peut-être les ados mais pas moi et pas de souvenir d’avoir vu ça.
            Les petites activités se faisaient au centre, il y avait la routine : dortoir, petit déj, cours scolaires le matin dans une salle, repas du midi, longue promenade (ça me semblait être des heures) retour pour des cours en fin de journée, repas du soir et dortoir. Je me souviens aussi d’une grande salle au rez-de-chaussée où on nous distribuait le courrier (me le lisais car j’apprenais juste), on passait de la musique, on pouvait danser sous la surveillance des monitrices. Nous étions assez enfermés dans ce lieu à part les promenades quotidiennes en groupe.
            Pour finir, j’apprécie de pouvoir partager par écrit mes souvenirs de cette époque. J’ai longtemps trouvé que ce que j’avais vécu était injuste, je venais pour me soigner et on me faisait souvent pleurer mais en même temps je me disais que c’était la vie, sinon pourquoi ne pas en avoir parlé lorsque mes parents sont enfin venus me chercher… !
            Mes amitiés à tout le monde,
            Syl

  25. Bonjour,
    Entre 1961 et 1968, je suis allé 3 fois au sanatorium héliothérapique d’Odeillo aussi appelé Etablissement Héliothérapique des pupilles de l’école publique comme cité dans mon commentaire du 4 octobre 2018. L’établissement dont on voit quelques photos au début de ce blog.
    Quand on arrivait, on était placé en isolement pendant 15 jours pour éviter une éventuelle contagion. Il s’agissait d’une petite aile de l’établissement avec quelques chambres, où il fallait patienter deux semaines avant d’être admis dans le « service » correspondant à notre âge.
    Au rez de chaussée les filles, au premier les jeunes enfants, au second étage les pré-ado et adolescents.(Et lorsque on était le seul entrant, 2 semaines en étant confiné, c’est long quand on est gosse).
    Pour ma part, au sanatorium, à 10 ans j’y suis resté 6 mois, entre 13 et 14 ans ma cure a duré 8 mois, et à 15 ans j’y suis resté 21 mois. De ces trois cures, j’ai surtout gardé le souvenir d’une discipline assez sévère mais d’un personnel relativement sympatique! Ce qu’il fallait, c’était suivre les règles imposées ; Un jour, chez les ados, je courrais dans le couloir, j’ai entendu claquer le fouet de Paulo, ce dernier ne l’utilisait que pour nous intimider, je me suis arrêté net, et j’ai écopé d’une punition à savoir copier plusieurs fois le règlement sur lequel était notifié l’interdiction de courir à l’intérieur de l’établissement.Les lits devaient être faits « au carré »chez les ados, sinon Paulo (infirmier) démontait entièrement draps et couvertures.J’ai vite appris à faire mon lit correctement ! Un matelas de crin sur un sommier de planches. La fermeté du lit était sans doute de rigueur pour le maintien de notre colonne vertébrale !
    Le courrier bien sur était lu par les infirmières avant d’être envoyé à la famille, et quand on recevait un colis contenant des vêtements, Paulo disait : tu vas bien rester 6 mois de plus maintenant !
    En période scolaire, les cours étaient donnés le matin sur ce que nous appelions la terrasse (balcon) , d’ailleurs une des photos qui ouvrent ce blog, je suis en train d’écrire assis sur mon lit, et il me semble bien reconnaître Monsieur Bartrina le prof de maths/physique/chimie. C’est d’ailleurs lui qui m’a appris à jouer aux échecs.
    L’après midi après le temps libre qui suivait le repas, c’était la sieste obligatoire 1h 45mn (2h le dimanche)sur le lit s’il faisait beau, sinon sous les couvertures en hiver.Il fallait que la température extérieure sois vraiment négative pour faire la sieste dans les chambres, et pas le droit de parler ; Le dimanche il était permis de lire ou d’écrire pendant la sieste mais toujours sans parler.
    L’après midi les cours se déroulaient en classe au 4éme étage pour les 6émes 5, 4, et 3émes . Pour les petits c’était dans les grandes chambres. Il y avaient des chambres de huit de lits, et sur un étage 3 chambres de 4 lits. Il fallait mérité le privilège de n’être que 4.
    Le jeudi après-midi, jour sans école à l’époque, nous avions une séance de cinéma au 4ème étage, et pour ceux d’entre nous qui avaient un peu d’argent envoyé par les parents, on pouvait s’acheter un chupetta, ou chocolat glacé dont nous collectionnions les bâtons en plastic pour en faire un jeu de construction.
    Il y avait les longues promenades dans les bois environnants où nous jouions a faire des cabanes de fortune dans les arbres. Que de batailles de pommes de pins !!
    Pour le goûter , un morceau de pain et une pâte de fruit ou plus rarement une barre de chocolat.
    En hiver les promenades en forêt étaient un peu plus difficiles vu que l’on marchait avec de la neige jusqu’aux genoux. Mais quel plaisir c’était de se lancer à plat ventre sur les pentes enneigées !

    J’ai passé la-bas une partie de mon enfance ; l’éloignement de la famille est difficile à vivre quand on est gosse, est aujourd’hui à 69 ans révolu, je me dis que j’y ai appris des valeurs qui se perdent aujourd’hui. Vivre au quotidien avec des camarades différents, certains cloués dans leur lit car prisonnier dans une coquille en plâtre, d’autres marchant à peine car atteint de paralysie partielle, autiste, et d’autres asthmatiques comme moi.

    On ne sort pas indemnes de ces séjours qui pourtant nous étaient profiteurs. C’était comme ça, il fallait faire avec, et on le vivait plus ou moins bien.

    Cordialement
    Bernard

  26. Bonjour Bernard
    Emouvant témoignage …
    Ce genre de traitement de nos jours ne serait plus accepté …j’imagine déjà les scandales sur les réseaux dit sociaux …
    Pour ma part je cherche toujours des anciens de  » Bagatelle  » Enfants et personnels et visiblement ils ne sont pas nombreux a lire ce blog mais je ne désespère pas !
    Bonne continuation
    Fabrice

    1. Bonjour,
      J’ai dévoré ce forum, les souvenirs reviennent, j’ai été ému.
      J’étais à Bagatelle 2 ans, je crois. Une fois 2/3 mois en 73 printemps/été , j’etais au cm2, et en 74, 6 mois, le jour de mon arrivée était le jour de mon aniversaire le 28 janvier, j’étais en 6ème.
      On m’avait fait un gâteau d’anniversaire. Il y avait Fatima à coté de moi à table.
      J’ai lu plus haut que « madame », la directrice, s’appelait Lalande ou de Lalande, ca me dit quelque chose.
      Il y avait les « m’zelles », presque toutes gentilles.
      .J’ai eu un très bon souvenir, à croire que Bagatelle n’était pas comme les autres homes d’enfants ou que les années 70 étaient plus cool.
      Je m’étais fait un copain, un très bon copain, plus agé que moi, j’ai 57 ans. Il était de Lectoure dans le Gers, je ne me souviens plus de son prénom, si il se reconnait, qu’il me fasse signe.
      Je me rappelle les séances de ciné, lorsqu’on rentrait du « collège », il me tardait de voir l’affiche du film qui allait être projeté. Quand il y avait des scènes de baisers, j’étais géné de voir ça en public.
      Le « collège », c’étaient 2 classes: 6e/5e et 4e/3e avec 2 profs pour toute les matières, c’etait le prof qui changeait de classe et non la classe. Ils avaient peu de moyen. On a eu du mérite de ne pas redoubler.
      J’ai eu la chance que mes parents soient venus me rendre visite quelques fois.
      Je me rappelle du courier pour nos parents, je ne mettais pas toujours la même chose, j’essayais de changer le texte.
      Je ne sais pas si il fallait absolument prendre du poids mais je prenais 10 kg à chaque fois, j’etais si maigre en arrivant.
      Je suis passé à Font Romeu dans les années 90, par nostalgie, je ne sais pas comment j’ai retrouvé l’entrée du home mais malheureusement il venait juste d’être détruit, il ne restait plus que des gravats. Ca fait mal au coeur.
      Si quelqu’un a des photos de l’époque, je n’en ai qu’une devant le panneau à l’entrée du home.
      Qu’on ait de bons ou de mauvais souvenirs, Font Romeu restera gravé, mais je suis désolé pour ceux qui ont souffert là-bas?

      Cordialement

  27. Visiblement Nivôse détient la palme de la maltraitance dirait on aujourd’hui …sauf qu’a l’époque tout cela semblait normal a tout le monde !

    1. On dirait bien hélas,
      Pour ma part,je le disais à mes parents, ils ne voulaient pas me croire, pourtant à chaque fois qu ils m y amenaient je vomissait tout le trajet, et quand on arrivait on me mettait directement au lit, je voyais même pas mes parents s en aller, qqu est ce que j ai pu pleurer. ….,.

  28. bonjour, j’ai écris la 1ere fois sur ce blog en juillet 2019 ou j’indiquais avoir passé 2 ans à l’Espérance de 8 à 10 ans , 1972-1974. les messages précédents sur les maisons d’enfants décrivaient des moments « heureux » contrairement à ce que j’avais vécu. Puis en mars 2020 j’ai indiqué brièvement que la maison d’enfants l’Espérance n’existait plus . j’ai pensé arrêter de recevoir les messages de ce blog tant ils étaient déconnectés de ce que j’avais vécu et là depuis 1 mois les messages sont différents, je lis beaucoup de douleur tout comme la mienne que j’avais enfuie pendant des longues années.

    Il y a avait certes de bonnes personnes à l’Espérance( ma cheftaine Eliane, une personne  » agée » pour la nuit et Me Roca, mais aussi tous les jours l’humiliation ( j’ai connu la culotte baissée devant les garçons), la méchanceté (l’obligation de manger ( et il n’y a pas eu que moi) les punitions de cinéma ne pas voir le film mais etre derrière le rideau nous étions couché sur le sol…j’ai eu le fémur cassé en faisant de la luge et je me suis fait disputée, j’étais seule à l’hopital de Perpignan et je partageais ma chambre avec une personne âgée pas très compatissante! j’avais 8 ans.

    J’ai vu au cinéma des films sur les pensionnats pendant la guerre ou avant , souvent le film montre cela comme épouvantable , ce j’ai vécu est pire
    j’étais avec les « petits »car très asthmatique je ne pouvais pas suivre dans les ballades avec ceux de mon age. Pour cela heureusement il n’y avait pas de méchanceté entre les enfants.
    j’avais de l’asthme par ce que mes parents travaillaient dans un bar (et nous y habitions) , à l’époque tout le monde fumait, ( à ce moment il n’y avait pas de lien entre la cigarette et l’asthme) à Font Romeu on me disait que l’air était meilleur… forcement sans tabac, sauf que j’étais là aussi très souvent en crise , je suis certaine qu’il s’agissait d’un très gros chagrin, d’un fort stress, j’étouffais tout cela pour paraître « adaptée » Mon caractère s’est endurcit et j’ai mis du temps à faire confiance aux adultes. Je n’ai aucun bon souvenir, les rares fois sont anéantis par toute la violence de la cheftaine Maguy et de l’aveuglement des autres adultes.

    bravo à ceux qui osent parler, ceux qui ont de bons souvenirs dans les mêmes endroits ou des témoignages indiquent le contraire à la même période , ont soit fait un séjour très court, soit sont dans le déni total, ( comme je l’ai été jusqu’alors. ( cf; la personne ( sous un pseudo) qui m’a répondu avoir de bon souvenir de Cheftaine Maguy)
    Jacqueline Diguet

    1. Bonjour Jacqueline, je vous comprends très bien, j’étais donc à Castel Roc de 76 à 78, deux cures de 4 mois en hiver (à 6 et 8 ans), j’ai lu les dates écrites avec le tampon du centre sur mon carnet de santé, j’ai toujours cru être restée bien plus longtemps à chaque fois. Les souvenirs sont très précis en plus à part les noms, aucun souvenir d’un prénom d’adulte ou même d’enfant et pas l’impression d’avoir eu au moins une amie, j’ai dû me sentir très seule tout le temps. Comme vous, l’air de la montagne ne m’a pas permis d’aller beaucoup mieux, j’avais des angines et les promenades devaient se terminer en asthme car j’ai toujours eu du mal à marcher longtemps sans mon ventoline. J’ai quitté Paris il y a une vingtaine d’années pour vivre en Savoie et je suis toujours autant asthmatique avec beaucoup plus d’allergies à la végétation 🙁
      J’ai toujours pensé que j’étais la seule à avoir ressenti ces cures comme difficiles, je me suis toujours dis que ma timidité était en cause, que si j’avais parlé lors d’un appel téléphonique, tout aurait été peut-être différent. Dire à ma mère, juste une phrase pour lui dire que le temps était trop long, elle aurait écourté le séjour sachant dans son cœur de maman que la tristesse aggravait ma maladie. Mais comment parler alors que dans notre dos, la « dure et sévère » directrice nous regarde et nous écoute. On était conditionné à mentir à nos parents, obligé de dire qu’on était heureux, qu’on passait un bon séjour, qu’on voulait rester plus longtemps !!! dans les lettres dictées c’était aussi le même discours.
      J’aurais pu oublier ces séjours faits dans la petite enfance et de relativement courtes durées comparé à d’autres enfants mais les humiliations pour la nourriture, la peur pour les douches et dans les dortoirs, l’impossibilité d’en parler, tout cela est resté très présent. Il faut atteindre un certain âge pour se livrer.
      Il y a quelques années, j’ai fait des rechercher sur internet pour trouver une adresse email du centre et envoyer ce genre de message, juste pour laisser une trace mais je me disais qu’il serait, au mieux lu par un employé actuel qui ne comprendrait rien à mes écrits d’un autre temps et mon message resterait sans réponse.
      En y repensant dernièrement, je me suis dit, tant pis faisons le quand même et là … bien sûr je lis au hasard de mes nouvelles recherches, que les maisons d’enfants ont été fermées. Comme toujours, quand on attend trop, on ne peut plus rien faire.
      J’allais abandonner quand je suis tombé sur cette page, pourquoi ne pas l’avoir vu avant ? Bref, oh miracle, je peux en parler et je vois que nous sommes nombreux à avoir ressenti ça.
      Effectivement, il n’y avait pas trop de messages négatifs lorsque j’ai voulu publier mon 1er message, il y a quelques jours, je pensais qu’il ne serait pas visible d’ailleurs car peu flatteur alors que le climatisme à de nombreuse vertus.
      Donc encore merci au « modérateur » d’avoir bien voulu partager mon témoignage.

  29. Bonjour, je suis aussi passé par l espérance 7 a 13 ans.. Oui maggy était dure mais avec moi elle a toujours était correcte… faut dire que j étais la seule fille a être toujours avec les garçons je faisais toute les activités avec eux… Je lui ai souvent tenu tête… Donc des punition j en ai pris…, je pense que maggy n aimai pas les filles… J ai aujourd’hui 55 ans j en garde quand même des bon souvenirs, surtout de l équipe de foot on était tous en blanc… Éh oui je faisais partie de l’équipe je jouait en défense… la seule fille pour l époque c était un truc incroyable… Grace a maggy…

  30. BONJOUR

    j’ai fait un sejour en 1974 à l’Esperance et ensuite je suis allée tous les ans à VIA SOL !
    J en garde en souvenir formidable !! j’adorais la « chef « Mlle Elise et le directeur Mr Costa qui etait un homme génial

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