L’arboretum de Font-Romeu

Remerciements à Monsieur Bruno ROBERT, responsable O.N.F. Font-Romeu, pour ses précieux conseils.

La forêt originelle de pins à crochets est attaquée par un champignon parasite appelé « l’armillaire couleur de miel ». Des versants entiers de la montagne sont décimés. Il faut donc trouver des arbres résistants à ce « ravageur ».

En 1925, les Eaux et Forêts ont mis en oeuvre la plantation de 13 espèces d’arbre (en foresterie, on dit essence) pour reconstituer la forêt de la Calme. Ce sont donc 133 000 plants qui ont été mis en terre. Mais très peu de plants ont survécu  à cause de la morphologie du sol (sol acide et très peu profond), du climat rude et de la pratique intensive du pâturage.

C’est ainsi qu’on décida de créer un « champ d’expérience » où seraient plantées de nombreuses essences afin de tester leur aptitude à résister aux conditions locales. Ce type d’équipement porte le nom « d’arboretum d’élimination » : on ne fait que constater la mort ou la survie des éléments introduits en vue de leur implantation ultérieure.

Ce champ d’expérience se situe entre le refuge de Farneils et Pyrénées 2000, dans un enclos au sein de la forêt domaniale de Font-Romeu gérée par l’ONF. Il s’agit d’un arboretum, crée en 1938, sur une superficie de 8,5 ha, exposé au nord-Est, sur un sol granitique. Il se situe à une altitude comprise entre 1800 et 1850 mètres.

Son altitude élevée lui confère peut-être le titre de plus haut arboretum de France voire d’Europe.

Entre 1951 et 1977, 3000 plants de 33 espèces résineuse furent installés dans des placeaux répertoriés. Ce bel ordonnancement d’origine a été quelque peu perturbé par l’invasion de semis naturels de pins à crochets et d’épicéas.

Les échecs ont été nombreux (pauvreté du sol, gelées…). Malgré tout, on peut dire que l’arboretum est une réussite en ce qui concerne : les épicéas d’Engelmann et les mélèzes, ainsi que les sapins nobles. On trouve une très belle collection d’arbres, dont certains très rares en Europe.

Ainsi, on y dénombre à ce jour un peu moins d’une trentaine d’essences résineuses ainsi que quelques feuillus autochtones (saules, aulnes, sorbiers et deux érables).

Ont aussi été plantés des mélèzes d’Europe, du Japon, des épicéas communs, des épinettes noires, des épicéas du Japon, d’Orient, des épicéas bleus; différents types de pins : pins contorta ou de Murray (originaires de l’Ouest de l’Amérique du Nord, de l’Alaska au Mexique), des pins « peuce » (originaires des Balkans) et des pins Ponderosa (l’arbre du Far-West).

Enfin, différentes plantes sont aussi présentes : de la vératre, des grandes gentianes, de l’aconet nipel, du « gispet », de la molinée, du bois-joli, des églantiers et des genevriers.

A ce jour, on peut donc déterminer quelles essences d’arbres sont les mieux adaptées en vue de leur introduction.

L’arboretum nous fait prendre conscience de notre patrimoine naturel et de sa fragilité, en plus de constituer un très beau parcours de randonnée et le refuge de nombreuses espèces animales (cerfs, chevreuils, biches, oiseaux…).

Un jour peut-être sera implanté au sein de cet arboretum un équipement d’accueil destiné au grand public.

Je vous propose un jeu instructif de recherche. Je n’ai pas mis ci-dessous la légende des photos. Trouverez-vous de quelle essence d’arbre il s’agit ?

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