L’Ermitage

                                                      

En 1001, le comte de Cerdagne, Guilfred, fonde le Monastère de Saint Martin, qu’il dota en 1007 de toutes les possessions d’Odeillo. Pour développer la dévotion à Marie, les moines du monastère créèrent de nombreuses statues à son effigie, qu’ils éparpillèrent un peu partout dans leur territoire. Au début du XIIe siècle, en raison des pillages, nombre de ces statues ont vraisemblablement été caché.

             

Crédit photo pour les trois photos ci-dessus : Viviane Vignaud

De là naît la légende de l’invention et de Font-Romeu  :

Un bouvier remarqua qu’un taureau se rendait près d’une fontaine et creusait le sol fréquemment, en poussant de forts beuglements. il s’approcha alors de l’animal et découvrit dans le sol une statue de la vierge que le taureau avait tant de fois signalé. A l’annonce de ce miracle, la communauté d’Odeillo décida d’édifier une chapelle en ce lieu.

           

La chapelle primitive était de dimensions modestes. En 1525, elle fut remplacée par une autre, plus vaste. Le sanctuaire ancien fut remplacé en 1685 par le sanctuaire actuel. Ce n’est qu’en 1712 qu’on bâtit une petite chambre dédiée à la vierge, le Camaril. En 1733, on construisit un bâtiment abritant la piscine. Jusqu’en 1939, les voitures passaient au milieu de la cour de l’édifice, date à laquelle cette route fut déviée à l’extérieur de l’Ermitage.

              

La chapelle de l’Ermitage est surtout connue pour abriter un magnifique Retable et un somptueux Camaril.

Le Camaril est un petit salon de style baroque, éclairé par un lanternon octogonal. C’est un chef d’oeuvre de Joseph Sunyer et de Félix Escriba ( pour la décoration), datant du début du XVIIIe siècle. Il renferme quatre anges ailés grandeur nature, jouant de la contrebasse, du hautbois, de la ténora et du violon. Les anges aux ailes dorées et aux couleurs polychromes sont de très belle facture. On notera la grâce dans l’expression de leurs visages et leurs mouvements. L’artiste a utilisé la technique catalane de « l’Estofado » pour mettre en valeur et faire ressortir la finesse de leurs vêtements. Cette technique consiste à dorer la sculpture en bois, puis à appliquer la peinture et à la gratter pour faire ressortir la dorure. Ce qui permet de souligner la finesse des dentelles. On rentre dans le Camaril par deux portes s’inspirant des portes des grands appartements du Roi à Versailles. Dans la petite chambre dédiée à la vierge se trouve aussi deux médaillons représentant la présentation de Marie au Temple et la fuite en Egypte ainsi qu’un Christ en croix qui fait face à la statue de la vierge.

            

Le Retable a été sculpté entre 1704 et 1707 par Joseph Sunyer, puis doré et polychromé par Félix Escriba. C’est un triptyque de style baroque à la gloire de Notre Dame. Il illustre les principaux épisodes de sa vie : l’annonciation à Marie par l’ange Gabriel, l’adoration des bergers et des Rois Mages et la visitation de Marie à sa cousine Marie Madeleine. Y figurent de magnifiques angelots (putti) jouant du violon et de la trompette, des statues de Saint Martin et d’autres saints… Il possède aussi de magnifiques prédelles illustrant la légende de l’invention.
Tous les ans, le 8 septembre, a lieu l’aplec de l’ermitage, où les pélerins se réunissent nombreux pour rendre hommage à « Notre dame de Font-Romeu » et assister à la procession et  à la descente de la statue de la vierge à l’église Saint martin à Odeillo, où elle passera l’hiver.

                                  

 

          

         

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