Mont-Louis

Il nous a semblé intéressant d’évoquer ici l’histoire de Mont-Louis, qui n’est pas négligeable.

Avant d’être une place forte, Mont-Louis était un hameau nommé Ovansa  (Ovansa pourrait provenir du patronyme latin Aventius, du nom du propriétaire d’un domaine agricole).

C’est en 1681 que débute la construction de Mont-Louis, confiée à Vauban par louis XIV.

Le site a été choisi en fonction de sa position stratégique, au carrefour du Conflent, du Capcir et de la Cerdagne et bien sûr de sa proximité avec l’Espagne. Il présentait aussi l’avantage d’avoir un côté nord-est très abrupt et surplombant la rivière de la Têt qui ne nécessitait pas de fossé à creuser ni de large rempart à construire. Avec le fort Libéria et la cité de Villefranche de Conflent, c’est toute la vallée qui était ainsi verrouillée.

Mont-louis était composée d’une citadelle et d’une ville haute. La citadelle comprenait une chapelle, un arsenal, deux magasins à poudre et la maison du Lieutenant du Roi. La ville haute était prévue pour loger une petite bourgeoisie d’artisans et des casernes d’infanterie.

Ce sont les soldats qui ont constitué la principale main d’œuvre pour la construction de la forteresse. Ils étaient 3700 en tout. Mal payés pour une rude tâche, ils étaient encadrés par des artisans spécialisés et surveillés par les intendants et les ingénieurs du roi. Les artisans à qui on a fait appel pour édifier Mont-louis étaient des maçons, des tailleurs de pierre, des charpentiers, des menuisiers, des forgerons, des puisatiers… Les travaux de gros œuvre ont duré deux ans et demi à peine, mais la totalité des travaux a duré dix ans en tout. La citadelle pouvait accueillir 2500 hommes. Mont-Louis est toujours la plus haute forteresse de France, à 1600 mètres d’altitude.

L’histoire de mont-Louis a été marquée par la révolution française. En effet, en 1793, le roi d’Espagne Charles IV prétendit mettre à la raison les régicides français. C’est alors que le général Dagobert se distingua en repoussant par deux fois les troupes espagnoles, et notamment en juillet 1793, celles du général La Penã au col de La Perche.

 

En 1887, les travaux reprennent pour améliorer l’organisation défensive des alentours de Mont-Louis. Des batteries et des redoutes sont entre autres installées aux Estagnols et à Bolquère et un chemin stratégique (dit chemin des canons) relie ces positions à Mont-Louis.

La forteresse de Mont-Louis sera occupée par les Allemands lors de la deuxième guerre mondiale, puis libérée par les forces françaises libres. En 1946, une unité parachutiste (le « 11e choc ») s’installe dans la citadelle. Elle sera suivie par la création du Centre National d’Entraînement Commando en 1964. Celui-ci est une véritable Académie militaire où viennent se former les moniteurs et instructeurs de l’armée, mais aussi un centre de formation aux réalités et aux conditions de terrain.

Mont-Louis est aussi un centre d’essais sur l’énergie solaire depuis 1948. C’est ici qu’a été installé le premier four solaire, avant celui d’Odeillo. On y fait des démonstrations de l’utilisation de l’énergie solaire dans la vie quotidienne : cuisson de céramiques, pile voltaïque, fusion de métaux, travail de pierres précieuses…

Mont-Louis est inscrit au Patrimoine Mondial de l’Unesco.

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