Le Couronnement de la Vierge en 1926

Le Couronnement de la Vierge, le 4 août 1926, en présence de 10 000 pèlerins, marque un date importante pour le sanctuaire et le culte marial.

A cette occasion, les fidèles du diocèse offrent deux couronnes (une pour la Vierge et une pour l’Enfant Jésus) en or massif serties de pierres précieuses, fabriquées par la Maison Velzy, à Perpignan. Une plaque commémorative placée sur le mur gauche de la chapelle rappelle l’événement.

Monseigneur Jules de Carsalade du Pont, évêque de Perpignan  joua lors de cette célébration un rôle spirituel et politique de premier plan.

« Dès l’achèvement de la guerre de 14-18, Monseigneur Carsalade renoue avec le double versant restaurateur de son action prosélyte, en s’occupant de marquer le territoire roussillonnais d’une empreinte religieuse et en ravivant ses antiques pèlerinages. En 1919, il voit avec bonheur s’installer une communauté cistercienne à Saint-Michel-de-Cuxa, et un groupe de religieux rendre vie au prieuré de Serrabone. En 1926, c’est au pèlerinage cerdan de la Vierge noire de Font-Romeu qu’il entend donner un lustre particulier. Il obtient du pape Pie XI le couronnement de la statue, et prévoit pour le 4 août d’impressionnantes fêtes qui doivent réunir les fidèles cerdans des deux côtés de la frontière, pour lesquelles il fait venir le cardinal Dubois, archevêque de Paris, et l’abbé Izart, devenu évêque de Bourges.

Mais la dictature de Primo de Rivera, et son représentant local, le général Despujol, gouverneur de la province de Gérone, ne l’entend pas ainsi, redoutant que le pèlerinage ne se transforme en meeting nationaliste ou en manifestation d’opposition au régime. La veille des festivités, Despujol fait fermer la frontière, bloquant du côté espagnol les pèlerins ainsi qu’une cobla (orchestre) chargée de l’animation musicale. Seules quelques personnalités isolées parviennent à rejoindre le sanctuaire, comme Francesc Matheu, le poète catholique Alexandre Brulart i Rialp, le directeur de la revue Paraula Cristian aCarles Cardó, et l’évêque d’Urgell Guittart. Comme toujours avec Carsalade, la religion et les lettres sont associées. Le lendemain des cérémonies religieuses, ont lieu une représentation de la pièce Un Amor de Pardal, du poète roussillonnais Joseph-Sébastien Pons, des démonstrations de sardana– cette danse devenue le marqueur de l’identité catalane au sud des Pyrénées. »

le lendemain, des Jeux Floraux en trois langues, français, espagnol et catalan, sont présidées par l’académicien Louis Bertrand.
Les floralies font  « revivre devant l’assemblée des pèlerins le vieux rêve d’une latinité catholique soudée face à la menace de la barbarie germanique,celui qu’ont caressé nombre de félibres et de régionalistes méridionaux depuis les années 1870« 
Les passages en italiques sont extraits de l’article de Nicolas Berjoan,  « La Croix et le drapeau. Le catalanisme de Monseigneur de Carsalade du Pont, évêque de Perpignan(1900-1932) » poublié dans Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, Tome 121,N°267, 2009, pp. 385-406

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