Le « Congrès de Font-Romeu » et la naissance de la revue Esprit en août 1932

En août 1932, un élan révolutionnaire souffle sur Font-Romeu

C’est à Font-Romeu, le 16 août 1932, qu’un groupe de jeunes intellectuels comptant, entre autres, Jean Daniélou (philosophe et théologien, membre de l’Académie française en 1972) Georges Izard (avocat destiné à une brillante carrière, il s’illustrera notamment lors de l’affaire Kravchenko en 1949), André Déléage (médiéviste et lalors bibliothécaire à l’Université de Toulouse), Louis Galey (alors étudiant aux Beaux-Arts) et le philosophe Emmanuel Mounier jette les bases de la revue Esprit* (dont le premier numéro paraîtra en octobre 1932).

Dans le contexte de crise politique et spirituelle qui éclate alors en Europe, le groupe, réunit en « congrès », est déterminé à « refaire la Renaissance », selon le mot d’Emmanuel Mounier, son chef de file, et à revoir les valeurs du monde moderne en prônant une doctrine « personnaliste » fondée sur la fraternité et la pluralité.

Le congrès a vraisemblablement lieu à la Villa Saint-Paul (voir aussi cet article), où séjourne chaque été Madeleine Daniélou, pédagogue, enseignante, directrice du collège Sainte-Marie de Neuilly et épouse de l’homme politique, ancien ministre de la santé, Charles Daniélou. La fille de Madeleine Daniélou, Catherine Daniélou, est  par ailleurs mariée à Georges Izard. C’est Madeleine Daniélou qui est à l’origine du titre de la revue (Mounier voulait l’appeler La révolution spirituelle).

Revue Esprit (fondée en octobre 1932), numéro de mai 2020

* »Fondée en 1932 par Emmanuel Mounier, la revue Esprit continue d’orienter ses lecteurs dans les débats du temps, poursuit son enquête sur la forme de vie démocratique et maintient son engagement en faveur de la justice. Personnaliste à ses origines, la revue a participé aux luttes anticoloniales, accompagné l’expérience de la « deuxième gauche » et mené le combat antitotalitaire. Université sauvage, elle réunit ceux qui cherchent à proposer à un public large un éclairage critique de notre modernité. Chaque numéro est composé d’un éditorial, d’un journal « à plusieurs voix » sur l’actualité politique internationale, d’un dossier thématique, d’articles divers, et de recensions de l’actualité culturelle et éditoriale. Indépendante, ouverte sur le monde et engagée dans la cité, la revue est aujourd’hui codirigée par Antoine Garapon et Jean-Louis Schlegel. »(référence)

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