Font-Romeu

La fontaine du Ginebre

Depuis quand était-elle là ?

Peut-être avait elle, au printemps, fa molt temps, rafraîchi les paysans d’Odeillo et de Via lorsqu’ils menaient leurs troupeaux pâturer au-dessus de l’Ermitage, au Gallinera ou à la Calme ou lorsque, l’automne venu, ils aiguillonnaient leurs vaches tirant des charrettes chargées du bois qu’ils allaient stocker pour l’hiver ?

Ou peut-être avait-elle été aménagée plus tard, à la naissance de Font-Romeu, comme le fut la fontaine Boyer au-dessus de Farneils ? Continuer la lecture de « La fontaine du Ginebre »

Bienvenue sur le blog historique de Font-Romeu et de ses alentours

Sur ce site, vous découvrirez ou redécouvrirez l’histoire du village et de ses environs

Vestiges romains, art roman,art baroque, patrimoine naturel (site des Bouillouses) ou industriel (Train Jaune, Four Solaire), traditions culturelles, vie au village : découvrez le lieu sous toutes ces facettes.

Bonne visite !

Le pic Carlit, montagne sacrée de la Cerdagne

Le pic Carlit est le pic emblématique de la Cerdagne et du Capcir. Son ascension n’est pas très difficile mais demande un peu de technique pour les derniers 300 m. Il est très fréquenté par les randonneurs pendant l’été.

Le Pic Carlit, 2921 mètres, une silhouette emblématique pour les habitants de la Cerdagne

Le pic Carlit (ou Puig Carlit en Catalan) est un sommet granitique des Pyrénées françaises situé dans le massif du Carlit. C’est le point culminant du département des Pyrénées-Orientales avec une altitude de 2921 mètres. Le Carlit est aussi le point culminant de l’ancienne région Languedoc-Roussillon.

Le climat sous-océanique froid apporte de nombreuses perturbations (d’ouest à sud-ouest) et un enneigement hivernal durable au-dessus de 2000 mètres de novembre à avril.

Le fleuve Têt prend sa source sur le pic, en faisant la principale réserve d’eau du département. La zone est placée sous la protection Natura 2000.

Le pic Carlit ainsi que le pic du Canigou possèdent le record du monde de distance de vision en ligne droite avec 447 kilomètres.

Histoire

La première ascension de ce sommet a été réalisée par le pyrénéiste Henry Russell en 1864. Henry Russell, né en 1834 à Toulouse et mort en 1909 à Biarritz, est un pyrénéiste franco-britannique. C’est l’un des pionniers de la conquête des Pyrénées. Il est surtout connu pour ses ascensions du Vignemale où il monte pour la première fois le 14 septembre 1861 avec le guide Laurent Passet.

Lors de sa venue en Cerdagne, il est fasciné par sa vision de l’Estany de Lanos (étang du Lanous). Dans son ouvrage où il décrit des aventures de montagne, il déclare :

« Le pic Carlitte est, grâce à son isolement et à son altitude, un des plus beaux sommets des Pyrénées. »

Au sommet du pic, vue sur les étangs du Carlit, le lac des Bouillouses

Légende

À la fin du xixe siècle début du xxe siècle, des légendes dues à l’imagination populaire mettent en scène le diable dans la région mais surtout dans les montagnes. Pour le Carlit, voici une croyance rapportée par Marcailhou d’Aymeric au bulletin de la Société de géographie de Toulouse le 7 avril 1913 sous le titre À travers les sommets d’Ax-les-Termes à Thuez :

« Satan excursionnant de par le monde, franchissant les monts de ses ailes puissantes, calcula mal son vol et tomba si malencontreusement qu’il s’empala sur la dent d’Orlu. Se dégageant, avec effort, mais tout saignant de sa blessure, il arriva sur le Carlitte où il trouva un superbe miroir, oublié là par Vénus en bonne fortune. Furieux de s’y voir si laid, il le prit et le lança vers le ciel. Le miroir retomba brisé en dix-huit morceaux. Ces débris formèrent les dix-huit lacs du massif, reflet de la beauté des grâces de la reine des amours. Et le manche du miroir, planté en terre, se développa, s’affina, s’effila, et devint le sanctuaire de la Vierge de Saint Romeu ».

 L’origine du nom « Carlit » :

Bien que l’on trouve déjà mentionnée dans le cartulaire de Sant Cugat une personne nommée Guillem de Cardid au XIème siècle, la première écriture du nom du massif se retrouve en 1175 avec l’appellation de Cardid dans une charte de concession de pacages dans le massif réalisée par un dénommé Petrus Domenova en faveur de l’abbaye cistercienne de Santes Creus, en Catalogne. Du xiie au xive siècle, les noms utilisés sont Cardid et Cardit

Selon les époques le nom change, on retrouve ainsi en 1845 le nom de Carlit, et en 1850 l’écriture bien plus souvent employée durant cette période de Carlitte. La forme Carlitte semble être une transposition française de la prononciation catalane, plus proche de Cardid, première forme attestée par les chartes médiévales.

Le nom Carlit est celui du massif. En effet, le nom de Carlit est constitué de la racine pré-indo-européenne kar, désignant la pierre, et que l’on retrouve notamment dans une soixantaine de toponymes des Pyrénées-Orientales, souvent sous la forme quer. Elle est suivie d’un premier suffixe ancien, -d, auquel s’est ajouté le diminutif latin -ittum. Le nom pourrait donc avoir le sens de pierrailles ou éboulis et pourrait désigner aussi bien les ensembles d’éboulis du versant ouest que le plateau pierreux que l’on trouve au sud en direction de l’église saint Martin d’Envalls et qui porte le nom de Ras de Carlit, lui-même traversé par un cours d’eau, le rec de Carlit.

Hydrologie :

D’un point de vue hydrologique, le Carlit est le réservoir d’eau des Pyrénées avec, dans son massif, plusieurs lacs et étangs mais surtout le fleuve Têt, principal cours d’eau des Pyrénées-Orientales d’une longueur de 100 kilomètres qui prend sa source sur le versant septentrional. Les principales étendues d’eau en contrebas du pic sont :

  • l’étang de Vive ou estany del Vivier (2 137 mètres d’altitude sur 3 ha) ;
  • l’étang Noir ou estany Negre (2 140 mètres d’altitude sur 4 ha) ;
  • le lac de la Comasse ou estany de la comassa (2 160 mètres d’altitude sur 4 ha) ;
  • l’étang du Llat ou estany Llat (2 174 mètres d’altitude sur 10 ha) ;
  • l’étang des Dougnes ou estany de les Dugues (2 230 mètres d’altitude sur 3,8 ha) ;
  • le lac du Casteilla ou estany de Castella (2 280 mètres d’altitude sur 5 ha) ;
  • l’étang de Soubirans ou estany de Sobirans (2 320 mètres d’altitude sur 3 ha) ;
  • l’étang de Balleuil ou estany del Vallel (2 500 mètres d’altitude sur 2,3 ha)

Géologie

Les roches métamorphiques de l’ère primaire (dépôts marins concentrés sur 250 millions d’années) se retrouvent au Carlit. En effet, le pic Carlit est composé de roches de types granites dans la vallée et de schistes (transformation des argiles) au sommet.

L’ère quaternaire finit de former le massif et le pic grâce à l’alternance de périodes froides et tempérées. Ainsi la période glaciaire profile le paysage actuellement visible qui donne sa forme au sommet du Carlit, et dans la vallée du Capcir.

Climat

Le climat sous-océanique froid s’étend de l’Ossau au pic Carlit. Avec ce climat, le pic Carlit est très exposé aux perturbations. La neige au-delà de 2000 mètres d’altitude s’établit de façon générale en novembre pour commencer à disparaître au mois d’avril.

Faune

Avec ses lacs et ses étangs, une grande variété de poissons est présente. L’on y recense entre autres les truites fario et arc-en-ciel. Chaque année des alevinages sont réalisés pour soutenir la reproduction. La pêche est soumise à régulation. L’Inventaire National du Patrimoine Naturel a recensé entre autres en septembre 2016 la présence des espèces suivantes :

  • Desman des Pyrénées ;
  • Rhinolophus hipposideros (une espèce de chauve-souris)
  • Cottus Gobio (espèce de poisson)
  • Isards
  • gypaètes barbus (vautours)
Vue du sommet sur les étangs du Carlit, en été

Voies d’accès :

L’ascension est possible même à des randonneurs peu expérimentés. Elle s’effectue :

  • par l’est à partir du lac des Bouillouses (6h30 aller retour), qui permet de découvrir un ensemble d’étangs qui s’échelonnent en paliers ; dernière partie nécessitant de mettre un peu « les mains » (à éviter quand il y a de la neige ou avec un bon équipement).
  • ou par l’ouest à partir de l’étang de Lanoux qui dessert la face Nord qui est la plus difficile. De ce côté, il faut compter 300 mètres de dénivelé dans les éboulis dans la partie finale, sans difficulté majeure à part la pente et le terrain instable. La partie finale demande cependant l’utilisation des mains car le terrain n’est pas si facile même pour un randonneur expérimenté.
Vue du chemin avant la grimpée vers le sommet

[Source wikipedia ]

La Cerdagne du néolithique au Traité des Pyrénées

Les premiers habitants de la Cerdagne étaient appelés les Kérétanis

Au IIe siècle avant J.C., les Kérétanis sont soumis par les Romains. Après les Romains, ce sont les Wisigoths qui occupent toute la péninsule ibérique et la Cerdagne.

Au VIIIe siècle, la péninsule ibérique et la Septimanie sont envahis par les Sarrasins. Les hautes plateaux comme la Cerdagne offrent un refuge aux populations fuyant les razzias musulmanes.

Un lieutenant du gouverneur maure de Cordoue, Munuza, décide de créer en Cerdagne un territoire indépendant.  Le gouverneur d’Al Andalus conduit alors une expédition punitive contre Munuza, qui est battu et tué. Une légende veut que sa dépouille soit enterrée dans ce qui est maintenant l’église de Planès (sous toute réserve).

Engagés dans la conquête de la péninsule ibérique à partir de 711, les musulmans prennent Tarragone et Narbonne en 718 et ont poursuivi leur progression en Gaule, jusqu’au coup d’arrêt donné en 732 à Poitiers par Charles Martel. Refoulés vers le midi languedocien, ils conservent le contrôle de la Septimanie mais en sont expulsés par Pépin le Bref entre 752 et 760. La montée en puissance de la dynastie carolingienne pousse bientôt les Francs au-delà des Pyrénées. Ils forment alors ce qu’on appelle  « La Marche d’Espagne ». Leurs entreprises rencontrent davantage de succès à l’est des Pyrénées, les contes carolingiens reconquièrent en 789 les territoires de la Cerdagne et d’Urgell.

A noter : des tours de guets ont été édifiés par les carolingiens pour prévenir l’arrivée des sarrasins, dont un témoignage physique est la tour d’Egat :

Guifred le Velu et la formation de la Catalogne

Les notables locaux se dressent contre Louis le Pieux en 827 mais l’échec de la révolte marque la fin des espoirs de renaissance d’une entité politique wisigothique indépendante du souverain franc et de l’émir de Cordoue. Alors que Charles le Chauve se voit attribuer, lors du partage de Verdun de 843, la marche d’Espagne, le morcellement politique du monde carolingien facilite la formation, à partir de plusieurs comtés francs, de petites principautés territoriales qui fourniront ses premiers cadres politiques à l’espace catalan. Il s’agit des comtés de Cerdagne, Urgel, Besalù, Sobarbe, Ribagorza, Pallars, Gérone, Roussillon, Vich, Ampurias et Barcelone. L’autorité carolingienne se maintient cependant jusqu’en 878. C’est à cette date que Guifred le Velu – fils de Sunifred, comte de Barcelone, Gérone et Narbonne, devenu dès 870 comte d’Urgel, de Cerdagne et de Conflent – est investi du titre de marchio et se voit confier par Louis le Bègue les comtés de Barcelone et de Gérone. Jusqu’à sa mort, survenue en 897, Guifred accomplit une œuvre considérable. Il fait construire des forteresses comme celle de Cardona et organise le peuplement de la région du Vallès proche de Barcelone. Il encourage les fondations monastiques et obtient en 886 la restauration, à Vich, de l’évêché d’Ausone, disparu après la révolte sans lendemain de 827. L’avènement de Guifred constitue un moment important pour l’histoire de la région car c’est en 878 que les comtes sont nommés pour la dernière fois par les souverains carolingiens. À partir de cette date, la future Catalogne est virtuellement indépendante, les rois francs se contentant désormais d’entériner simplement les successions comtales, les différents pouvoirs locaux étant devenus de fait héréditaires.

En 1111, le comté de Barcelone s’agrandit de celui de Besalù, en 1117 de la Cerdagne et en 1132 du Roussillon.

La personnalité la plus remarquable du XIe siècle catalan demeure Oliba, un comte de Cerdagne devenu abbé de Ripoll en 1008, puis évêque de Vich en 1018. À l’origine de la fondation de l’abbaye de Montserrat, il est aussi, lors du synode de Toulouse de 1027, l’initiateur de la « trêve de Dieu » appelée, en se généralisant, à pacifier des mœurs féodales jusque là très brutales. Il développa aussi les abbayes de Saint Michel de Cuxa et de Saint Martin du Canigou.

Source :

Philippe Parroy. Clio (Septembre 2000).

La Cerdagne fut liée ensuite aux royaumes de Majorque aux XIIIe et XIVe siècles ou au roi de France en 1463-1493. Finalement, la Cerdagne fut partagée par le traité des Pyrénées (1659). L’Espagne gardait Puigcerda et Llivia (enclave espagnole sur le territoire français).

La Cerdagne française joua sous l’Ancien Régime le rôle de marche militaire, dominée par la puissante citadelle de Mont-Louis (du nom de Louis XIV) créée par Vauban et qui domine les hautes vallées de la Têt, de l’Aude et du Sègre.

Les orris

Autrefois, les bergers qui faisaient pâturer leurs troupeaux en montagne l’été, construisaient des orris.

Un orri est une petite cabane en pierres sèches, de forme arrondie, avec un trou dans le toit pour laisser passer la fumée du foyer qui réchauffait le berger.

A côté de cet abri, on trouve généralement un petit corral où les bêtes restaient pendant la nuit.

Ces cabanes d’estive sont caractéristiques des Pyrénées et de la Cerdagne. On les trouve aussi en Provence où on les appelle des bories.

Dans nos montagnes, on en trouve encore à moyenne altitude (par exemple dans la vallée d’Eyne, aussi vers la Calme ou dans la forêt d’Egat).

Ces habitations faîtes avec les pierres que le berger trouvait sur place, témoignent d’un savoir-faire d’élaboration certain, que ce soit pour construire la cabane mais aussi le petit mur d’enceinte qui entoure le corral.

Vous aurez peut-être la chance d’en apercevoir lors d’une balade. Ce sont des témoignages émouvants d’un temps pas si lointain de la pratique du pastoralisme en montagne.

L’usage du granite en Cerdagne

Le massif des Pyrénées est essentiellement composé de roches granitiques.

Les blocs de granite sont issus des morènes glaciaires. Un vestige spectaculaire subsiste entre Font-Romeu et Angoustrine, au lieu-dit du « chaos de Targasonne ».

Situé entre Dorres et Font-Romeu, le chaos de Targasonne offre un paysage de centaines de blocs de granit exposés plein sud et posés sur une pente de 1500 m d’altitude environ.

Jadis fréquentés par les tailleurs de pierre, le site es désormais prisé par les amateurs d’escalade.

Le granit cerdan a été utilisé pour construction des ouvrages d’art du Train Jaune, du barrage des Bouillouses, le tunnel ferroviaire du Puymorens, le Grand Hôtel ; et bien sûr toutes les fermes, maisons anciennes, linteaux, dalles funéraires, clôtures, murs, églises, lavoirs… qui constellent le paysage de Cerdagne.

Au village de Dorres, les villageois sont devenus tailleurs de pierre à partir du 19e siècle, activité aujourd’hui disparue pour des raisons de coûts. Un très intéressant musée des tailleurs de pierre se trouve dans ce magnifique village à l’architecture préservée.

Sin la taille du granit était assurée par les tailleurs de Dorres et d’Angoustrine, on faisait appel pour les grands chantiers, comme par exemple pour la construction du Grand Hôtel et de la ligne du Train Jaune, à une main d’œuvre venue d’Italie ou d’Espagne.

La cathédrale de Lourdes a été également construite avec le granit de Dorres.

La mode récente est aux chalets « tout en bois » de style scandinave (construits avec du bois importé d’Europe centrale et de l’est).

Toutefois, il faut se souvenir que les premiers chalets de Font-Romeu comportaient une partie basse en granite et une partie haute en bois.

La présence romaine en Cerdagne

La présence romaine en Cerdagne date du IIème siècle avant J.C.

La « Strata Conflentana » reliait la Via Domitia (qui traversait le Roussillon actuel et rejoignait la péninsule Ibérique via le Col du Perthus) à « Sanctus Petrus de Infurcatis » (Saint Pierre dels Forcats actuel), ce village se trouvant à la bifurcation de la route romaine. En effet, de là partait la « Strata Cerdana »  qui passait par le Col de la Perche, le pont de Bau, sous Eyne et allait à « Julia  Lybica » (l’actuelle Llivia) et se poursuivait vers Lérida par la vallée du Sègre. De Saint Pierre, une autre voie romaine rejoignait le Capcir et la Haute Vallée de l’Aude.

A quelques kilomètres de Llivia, il en a subsisté des éléments importants dans les infrastructures du pont médiéval de Sant Marti d’Aravo qui permet de franchir la rivière de Carol ou Aravo. Ce pont médiéval repose sur les bases des trois piles romaines.

Julia Lybica, la capitale des Cerretani Juliani (Cerdans actuels) a reçue son nom de Julia de Jules César lui-même qui aurait accordé aux « Cerretani » le droit latin. A l’époque romaine, Livia était un nom féminin, porté en particulier par l’épouse d’Auguste.

A Llivia se trouvait une petite garnison romaine. En effet, l’endroit était stratégique pour surveiller le passage vers Lérida, du haut de la colline, où l’on a retrouvé divers éléments de poterie et des pièces romaines :

Jules César lui-même est venu à Llivia, avec 900 chevaux, où il s’est arrêté lors de son passage vers Lérida où il a vaincu les partisans de Pompée sur le Sègre lors de la guerre civile romaine qui l’opposait à celui-ci.

Les romains occupaient donc Llivia et ses alentours : de Llo à Angoustrine en passant par Sainte Léocadie.

Ils appréciaient particulièrement les eaux chaudes (aquae calidae, toponyme qui a donné les Escaldes) et ont fondé les bains romains de Dorres. Malheureusement, au 16ème siècle, la ville de Puigcerda fit modifier les anciennes constructions balnéaires des Escaldes. Au 17ème siècle, subsistaient encore un lavacrum pavé de larges dalles de marbre blanc et un sudatorium. Tout a disparu dans les reconstructions urgentes faites en 1821 :

Les monnaies trouvées à Llivia et à Angoustrine datent de l’époque impériale : on a des monnaies d’Auguste, de Tibère, d’Hérode, de Néron et de Septime Sévère. La datation de ces monnaies atteste une certaine continuité de l’occupation romaine dans la capitale de la Cerdagne depuis l’époque de Jules César.

En 39 avant J.C., les Cerretani se soulevèrent contre le joug romain. Le proconsul Domitius Calvinus châtia durement cette rébellion, ce qui lui valut les honneurs du triomphe.

De l’époque romaine subsiste aussi un « Cippe » (autel romain) dédié au culte de Jupiter (dieu de la foudre), avec des inscriptions, que l’on peut encore voir dans le cimetière d’Angoustrine :

Les Cerretani ont hérité des romains : les usages, le droit romain, la langue latine (qui est à l’origine du Catalan originel qui provient de la Cerdagne) ainsi que d’un petit nombre de noms de villages actuels qui proviennent du Latin.

Il est important de noter que les romains ont exploité l’or des alluvions du Sègre à Sainte Léocadie. Ils exploitaient aussi le minerai de fer dans le massif du Canigou.

Le bois, la laine, les céréales étaient aussi travaillés. Mais la principale exportation vers Rome à partir des ports de Port Vendres (Portus Veneris) ou de Tarragonne (la Cerdagne était rattachée à la Provincia Tarraconensis ou Province de Tarragonne en Espagne) était le « jambon cerretani » qui était très apprécié par les riches romains. Il y avait donc beaucoup d’élevage en Cerdagne.

De plus, la région était divisée en plusieurs pays : « Pagi Conflentis », Pagi Livensis (Llivia) et Pagi Redenensis (Capcir).

Les autochtones s’engagèrent dans l’armée romaine, découvrirent les sciences, l’art et le latin.

La présence romaine en Cerdagne a donc posée les bases de notre vie actuelle.

Les sources d’eaux chaudes

Les Pyrénées comptent de nombreuses villes thermales et sources d’eaux chaudes. En effet, les profondeurs du  massif sont le lieu de frictions dans l’écorce terrestre qui sont à l’origine des eaux chaudes.L’eau qui s’infiltre entre les roches granitiques, s’enfonce à 5 km de profondeur et se charge, au passage, de souffre, de nombreux minéraux et de gaz bénéfiques pour la santé.

 

 

 

 

 

 

Ce processus est une affaire de temps long : il faut 13000 ans pour que l’eau de surface atteigne cette profondeur. Lors de sa descente, l’eau qui s’est réchauffée de 3 degrés tous les 100 m  atteint la température de 130 degrés.

Ainsi, l’eau ou la neige remplie de gaz (et donc moins dense), remonte en quelques heures à la surface, via une faille, à une température de 75,7 degrés Celsius.

Les Bains de Saint-Thomas, en hiver

 

 

 

 

 

 

 

Les bains de Saint Thomas ont été exploités à partir de 1870 en tant qu’établissement thermal. En 1993, la mairie de Fontpédrouse décide de créer un centre thermoludique. Le succès est immédiat. L’eau qui jaillit des profondeurs à une température de 58 degrés, doit être refroidie. Elle est bicarbonatée, riche en fluor, en silice et en oligo-éléments. Un plancton thermal spécifique est réputé pour son action antalgique, décontractante, antiallergique et cicatrisante.

Bains de Saint-Thomas

 

 

 

 

 

Henri Salvayre, hydrogéologue, réalise depuis 30 ans les sondages et les captages des bains de Dorres et de Llo.

Les Bains de Llo ont une eau avec une teneur élevée en sulfates et on note la présence de lythium. Elle est utilisée dans le cadre de la relaxation et du bien-être, et non dans un but thérapeutique. L’eau est quand même bénéfique en cas de problèmes de peau, d’asthme et pour la récupération musculaire.

INSTITUT DE BEAUTE : LES BAINS DE LLO - Forme et beauté - Llo ...
Les Bains de Llo

Les sources des Escaldes sont connues depuis l’époque romaine (voir article sur la présence des romains en Cerdagne). Les Bains de Dorres étaient utilisés pour laver le linge, les peaux ou la laine des moutons. En 1991, la mairie décide de créer des bains. Ils sont réputés pour la qualité de leurs eaux et les vertus adoucissantes et relaxantes.

Bains romains - Dorres66
Cuve ancienne des Bains de Dorre
Bain de Dorres - Avis de voyageurs sur Bains Romains de Dorres ...
Partie moderne des Bains de Dorre

                                                                        

 

 

Eglise Saint-Martin, Odeillo

L’église d’Odeillo, antérieure au village, est dédiée à Saint-Martin. Elle fut vraisemblablement construite au XIIe siècle, dans le style roman. Son clocher carré s’élève au nord-est.

L’église conserve de l’époque romane un beau portail sculpté (XIIè siècle) s’ouvrant à l’ouest, orné de deux colonnettes en granit surmontées de chapiteaux, ainsi qu’une porte ornée de belles ferrures à motifs spiralés.

Devant la porte se trouve toujours une grille en fer couvrant une cavité qui était destinée à empêcher les animaux de pénétrer dans l’église. Le dispositif porte le nom évocateur de « trenca cames » en catalan  (autrement dit, « brise-jambes »).

Eglise Saint-Martin d’Odeillo. Crédits : Alain Gillodes

A l’intérieur de l’église, on admirera le retable (1816) retraçant la vie de Saint-Martin et les deux très belles vierges en bois polychromes : la Vierge d’Odeillo et (du 8 septembre au dimanche de la Trinité), Notre-Dame de Font-Romeu (qui se trouve le reste de l’année dans la chapelle de l’Ermitage : voir article dédié sur ce site).

La Vierge de Font-Romeu
Vierge d’Odeillo, premier quart du XIIIè siècle, bois (peuplier) polychrome, 61 x 30 x 22 cm

La statue est classée au titre des Monuments Historiques par arrêté du 14 novembre 1907.

La porte, avec ses vantaux et pentures est classée au titre des Monuments Historiques par arrêté du 19 novembre 1910

L’Art sacré en Cerdagne

La Cerdagne compte de nombreuses églises romanes, pour la plupart édifiées à partir du XIe siècle.

L’ Art roman se caractérise par des sculptures représentant un bestiaire fantastique, des motifs végétaux, des têtes humaines, etc.  dont on retrouve des exemples dans ces chapelles, notamment celle de Llo.

Ces chapelles ont été construites en granit avec le plus souvent un clocher-mur parfois orné de colonnettes en marbre blanc.

On peut y admirer  des portails à chapiteaux sculptés, des fenêtres romanes, des retables baroques (sculptés et dorés sur bois au cours des 16ème et 18ème siècles), des peintures murales, des modillons sculptés, des fresques murales, des statues polychromes (Ermitage de Font-Romeu entre autres) et des fonts baptismaux dans l’église d’Ur (qui sont peut-être wisigothiques) et de Palau de Cerdagne datant du XIIIe siècle.

De nombreuses statues de la Vierge à l’Enfant (souvent des vierges noires), anguleuses, sont abritées dans des Camarils (petite chambre en catalan). On trouve de très nombreux Christs en croix.

A noter : sur la paroi de l’église de Dorres, se trouvent des haches de pierre polie du néolithique qui ont été scellées dans le mur par des crochets en fer (mélange intéressant des cultes chrétiens et de la préhistoire).

Sur le clocher-mur de l’église d’Estavar se trouvent des éléments en marbre, vestiges des Romains ou du Moyen-Age.

Remerciements à Jean-Louis BLANCHON pour ces précieux conseils.

J. L. Blanchon est l’auteur de nombreux ouvrages sur l’histoire de la Cerdagne :

  • 1936-1948, la Cerdagne déchirée (2017)
  • Quand naissait le train jaune (2012)
  • La bataille de Bourg-Madame, 29 novembre 1822 (2006)
  • Palau de Cerdanya (1971)
  • Les carnets du train jaune

Pour en savoir plus, reportez vous sur la revue annuelle SOURCES –Les cahiers de l’Âne Rouge, revue d’Archéologie, Histoire, Ethnologie et Sciences Naturelles de Cerdagne –Capcir –Pyrénées catalanes.

Pour obtenir des détails de chaque église de la Cerdagne, voir notamment le blog d’Alain Gillodes.Si vous devez sélectionner quelques églises à voir absolument, privilégier en priorité celles :

  • d’Ur (à arcatures lombardes)
  • Angoustrine
  • Hix  (qui abrite un très beau festival de musique qui se déroule dans l’église l’été)
  • Dorres (chapelle de Belloch sur une hauteur qui surplombe toute la Cerdagne)
  • l’Ermitage de Font-Romeu
  • l’église Sainte Eugénie de Saillagouse (retables et décors à fresques).

Au sud de la frontière, les églises de Guils de Cerdanya ou de Bolvir méritent également une visite.

Nous disposons à l’Office de Tourisme de Font-Romeu d’un document sur l’Art Sacré et le Patrimoine qui est à votre disposition (où figurent aussi les abbayes du Conflent : Saint Michel et Saint Martin, les prieurés de Marcevol et de Serrabonne) mais aussi de l’Art Sacré en Catalogne espagnole, toute proche.

N’hésitez pas à nous envoyer vos photos ou commentaires.

Remerciements à  Alain Gillodes de nous avoir permis de reproduire quelques-unes des très belles photos figurant sur son blog :

Chapelle Sant Martí d’Envalls du XII esiècle. Photo: Alain Gillodes
Portail de l’église Saint-André, Angoustrine,
Eglise Saint-André, Angoustrine, détail du portail à chapiteaux sculptésPhoto: Alain Gillodes
Vierge de Font-Romeu.
Chapelle Sainte-Marie de Belloc (XIIIe siècle), Dorres
Chapelle de la Vierge, statue du XIIe siècle, église d’Err
Ermtage de Font-Romeu, retable de Joseph Sunyer, 1707
Ermitage de Font-Romeu, Camaril (ou chambre de la Vierge), Joseph Sunyer
Ermitage de Font-Romeu, Camaril (ou chambre de la Vierge), Joseph Sunyer, détail
Colonne en granit à chapiteaux en marbre blanc sculptés de motifs végétaux, église de Llo
Église Notre-Dame de la Merci du XIe siècle, Planès

A lire aussi :

Jean-Luc Antoniazzi, Dominique Fernandez, Ferrante Ferranti, Baroque catalan, Belin, 2001

Eglise Sainte-Colombe, Via

Cet édifice, dont ta construction de rectangulaire en granit remonte au XIIème siècle, a subi de nombreuses réfections.

La partie romane ne concerne que le mur de la travée occidentale.

Ce mur est surmonté d’un mur-clocher à baie unique. Sa voussure en plein cintre est appareillée à trois rouleaux. Le second repose sur des colonnettes   à chapiteaux sculptés de personnages. L’arc extérieur est décoré de demi-boules.

Au-dessus du portail, on pourra remarquer une tête aplatie sur sa partie supérieure. Cet éléments servait probablement de corbeau ou de console.

L’église figure sur la liste des Monuments Historiques par arrêté du 17 septembre 1964.

L’Ermitage

Entre Histoire et légende

En 1001, le comte de Cerdagne, Guilfred, fonde le Monastère de Saint Martin, qu’il dota en 1007 de toutes les possessions d’Odeillo. Pour développer le culte marial, les moines du monastère créèrent de nombreuses statues à l’effigie de la Vierge, qu’ils éparpillèrent un peu partout dans leur territoire. Au début du XIIe siècle, en raison des pillages, nombre de ces statues ont vraisemblablement été cachées.

De là naît la légende de l’invention et de la Vierge de Font-Romeu (aussi appelée « Moreneta »).

Selon cette légende, un bouvier remarqua un jour qu’un taureau s’était détaché de son troupeau et creusait le sol près d’une fontaine, en poussant de forts beuglements. Il s’approcha alors de l’animal et découvrit dans le sol une statue de la Vierge :

A l’annonce de cette découverte, « La communauté d’Odeillo se rendit sans retard sur les lieux en procession et trouva, près de la fontaine, prosternés devant la statue de Notre-Dame, le taureau dont la providence s’était servi pour signaler son existence et le bouvier, qui, par son pieux labeur, l’avait tirée de l’obscurité et rendue aux hommages des cœurs chrétiens ».

Source : Abbé Emile Rous, Histoire de Notre-Dame de Font-Romeu, Société Saint-Augustin, Desclée de Brouwer et Cie, Lille, 1890.

La statue

Datée du XIIIè siècle, elle est en noyer doré.

Dimensions : H = 69,5 ; la = 39 ; pr = 17

 La Vierge bénit de la main droite. De la main gauche, elle tient l’Enfant Jésus qui est assis sur son genou gauche et bénit de la main droite.

La Statue dite Notre-Dame-de-Font-Romeu ou Madone de l’Invention est classée sur la liste des Monuments Historiques au titre d’objet (1928/06/05). Source : base de données Palissy.

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Photo : Association des Amis de la Chapelle de l’Ermitage de Font-Romeu

De l’oratoire à la chapelle

Le lieu de culte de cette Vierge dotée de pouvoirs miraculeux n’est, jusqu’au XVIIè siècle, qu’un simple oratoire où les foules accomplissent leurs dévotions en plein air.  Vers 1680, l’affluence des pèlerins conduit au projet d’agrandir le sanctuaire. En 1685, l’édifice a les proportions qu’on lui connaît aujourd’hui. En 1686, on lui ajoute deux chapelles latérales et une sacristie. Puis en 1741, l’édifice est consolidé par l’ajout de lourds contreforts.

Ermitage de Font-Romeu, vue de la chapelle. Crédits : Alain Gillodes

 Ce n’est qu’en 1712 qu’on bâtit une « petite chambre » dédiée à la Vierge, le camaril. En 1733, on construisit un bâtiment abritant la piscine. Jusqu’en 1939, les voitures passaient au milieu de la cour de l’édifice, date à laquelle cette route fut déviée à l’extérieur de l’Ermitage.

Ermitage de Font-Romeu
Vue de l’Ermitage, vers 1818. Crédits : Institut du Grenat

 

Le camaril

Petit salon de style baroque de 4 m x 4m surmonté d’un plafond semi-sphérique et d’un lanterneau octogonal aveugle, le Camaril est commencé en 1712. En 1718, le sculpteur Josep Sunyer*et en 1730-34, le maître doreur Feliu Escriba**, réalisent le décor intérieur.

Deux escaliers en marbre et deux portes parallèles y donnent accès.

Le camaril abrite quatre anges ailés grandeur nature, jouant d’instruments à cordes et à vent. Les anges aux ailes dorées et aux couleurs polychromes sont de très belle facture.  On notera la grâce dans l’expression de leurs visages et leurs mouvements.

On y trouve aussi deux médaillons représentant La Présentation de Marie au Temple et La Fuite en Égypte ainsi qu’un autel dédié au Christ en croix qui fait face aux statues de la Vierge et de Saint Jean l’Evangéliste, placées en 1729.

L’artiste a utilisé la technique catalane de l’estofado pour mettre en valeur et faire ressortir la finesse de leurs vêtements. Cette technique consiste à dorer la sculpture en bois, puis à appliquer la peinture et à la gratter pour faire ressortir la dorure et ainsi souligner la finesse des dentelles.

En 2019-2020, le chantier de restauration placé sous l’égide de l’Association des Amis de la Chapelle de l’Ermitage a permis de redonner tout son éclat à ce chef d’œuvre du baroque catalan.

*Josep Sunyer i Raurell est né en 1673 à Manresa, capitale de la comarca du Bages et de la Catalogne centrale, située à quelque soixante kilomètres au nord-ouest de Barcelone. Son jeune fils, Pere Sunyer, décédé le 29 septembre 1704, est enterré dans la chapelle.

** Feliu Escriba, né en 1681 à Perpignan, faisait partie de la confrérie San Lluc.

Chapelle de l’Ermitage de Font-Romeu, camaril, détail : ange musicien. Crédits : Association des Amis de la chapelle de l‘Ermitage de Font-Romeu

Le retable du maître-autel

Autre joyau de la chapelle, le retable a été sculpté entre 1704 et 1707 par Joseph Sunyer, puis doré et polychromé par Félix Escriba. Triptyque de style baroque à la gloire de Notre Dame, il illustre les principaux épisodes de sa vie : l’Annonciation à Marie par l’Ange Gabriel, l’Adoration des Bergers et des Rois Mages et la Visitation de Marie à sa cousine Marie-Madeleine. Y figurent de magnifiques angelots (putti) jouant du violon et de la trompette et des statues de saints notamment Saint Martin).

Le retable possède aussi de magnifiques prédelles illustrant la Légende de l’Invention de Notre-Dame de Font-Romeu : au centre, le taureau agenouillé devant la statue près de la source où se tient un berger. A gauche, l’annonce de la découverte par le berger à la communauté d’Odeillo et à droite, la procession des habitants d’Odeillo vers le lieu de la découverte miraculeuse.

Les Ex-Voto

Récemment restaurés, ce sont de touchants exemples de la ferveur catholique et du culte rendu à la Vierge de Font-Romeu sous la forme de peintures sur bois, travaux d’aiguille et béquilles.

41 ex-voto sont classés au Monuments Historiques au titre d’objets.

Piscine et bâtiments annexes

A l’extérieur de la chapelle, on notera la piscine où les malades s’immergeaient dans l’espoir d’être guéris de leurs maux.

Les bâtiments annexes ont été bâtis au fil du temps pour accueillir les pèlerins.

Inscription Monuments Historiques

Façades et toitures des bâtiments de l’ermitage ; chapelle avec le décor du camaril et le retable du maître-autel  : inscription par arrêté du 18 janvier 1999

Informations utiles :

  • Hors les cérémonies religieuses et la période estivale – période pendant laquelle la chapelle est ouverte tous les jours – l’accès est possible sur demande à l’Office du Tourisme de Font-Romeu (tél. 04.68.30.68.30).
  • Pendant la saison d’été, chaque mardi soir, la chapelle de l’Ermitage  accueille une série de beaux concerts musicaux. Vente des tickets à l’Office du Tourisme.

L’Aplec (ou fête de la Vierge) du 8 septembre

Tous les ans, le 8 septembre, a lieu l’Aplec de l’Ermitage, où les pèlerins venus de toute la région se réunissent en foule pour rendre hommage à « Notre Dame de Font-Romeu » et assister à la messe célébrée par l’évêque de Perpignan, puis à la descente (ou Despedida) de la statue de la Vierge à l’église Saint Martin d’Odeillo, où elle demeurera jusqu’au dimanche de la Trinité, date à laquelle elle sera reconduite en procession (ou Pujar) à la chapelle de l’Ermitage.

L’Aplec de l’Ermitage est également l’occasion d’entendre (et d’entonner) des goigs (ou chant populaire en l’honneur de la Vierge ou des saints).

Goigs de Nostra Senyora de Font-Romeu - Détail

  • Vidéos associées à l’Ermitage :

Le Calvaire de Font-Romeu et les oratoires de Font-Romeu et Odeillo

Le Calvaire de Font-Romeu :

Se dressant majestueusement sur l’une des collines boisées qui surplombe Font-Romeu, au-dessus du col qui porte son nom, à 1800 mètres d’altitude, le Calvaire est le lieu idéal d’où jouir d’un panorama à 360 degrés sur la Cerdagne.

La vue s’étend sur la plaine de Cerdagne et sur les pics de la chaîne des Pyrénées :

  • côté sud et d’est en ouest : du Canigou à la Sierra Del Cadi
  • côté ouest et nord : du Col Rouge au Pic Carlit

Un peu en contrebas s’élève la chapelle de l’Ermitage.

Les oratoires

On trouve ces édicules le long du chemin emprunté par la procession de la Vierge lors de la Despedida du 8 septembre et du Pujar du dimanche de la Trinité.

  • près du chemin qui démarre au nord-est de l’église Saint-Martin d’Odeillo
  • sur le Chemin de la Vierge, dans la forêt
  • dans la clairière où on célèbre la messe de l’Aplec du 8 septembre (lire ici)
  • au carrefour du Grand Hôtel
Oratoire
Oratoire , à l’ouest de l’estrade où est célébrée la messe du 8 septembre. Crédits photo : Martial Garcia
Oratoire à angle de la rue du Grand Hôtel. Photo Marc Reynes

 

Mont-Louis

Il nous a semblé intéressant d’évoquer ici l’histoire de Mont-Louis, qui n’est pas négligeable.

Avant d’être une place forte, Mont-Louis était un hameau nommé Ovansa  (Ovansa pourrait provenir du patronyme latin Aventius, du nom du propriétaire d’un domaine agricole).

C’est en 1681 que débute la construction de Mont-Louis, confiée à Vauban par louis XIV.

Le site a été choisi en fonction de sa position stratégique, au carrefour du Conflent, du Capcir et de la Cerdagne et bien sûr de sa proximité avec l’Espagne. Il présentait aussi l’avantage d’avoir un côté nord-est très abrupt et surplombant la rivière de la Têt qui ne nécessitait pas de fossé à creuser ni de large rempart à construire. Avec le fort Libéria et la cité de Villefranche de Conflent, c’est toute la vallée qui était ainsi verrouillée.

Mont-louis était composée d’une citadelle et d’une ville haute. La citadelle comprenait une chapelle, un arsenal, deux magasins à poudre et la maison du Lieutenant du Roi. La ville haute était prévue pour loger une petite bourgeoisie d’artisans et des casernes d’infanterie.

Ce sont les soldats qui ont constitué la principale main d’œuvre pour la construction de la forteresse. Ils étaient 3700 en tout. Mal payés pour une rude tâche, ils étaient encadrés par des artisans spécialisés et surveillés par les intendants et les ingénieurs du roi. Les artisans à qui on a fait appel pour édifier Mont-louis étaient des maçons, des tailleurs de pierre, des charpentiers, des menuisiers, des forgerons, des puisatiers… Les travaux de gros œuvre ont duré deux ans et demi à peine, mais la totalité des travaux a duré dix ans en tout. La citadelle pouvait accueillir 2500 hommes. Mont-Louis est toujours la plus haute forteresse de France, à 1600 mètres d’altitude.

L’histoire de mont-Louis a été marquée par la révolution française. En effet, en 1793, le roi d’Espagne Charles IV prétendit mettre à la raison les régicides français. C’est alors que le général Dagobert se distingua en repoussant par deux fois les troupes espagnoles, et notamment en juillet 1793, celles du général La Penã au col de La Perche.

 

En 1887, les travaux reprennent pour améliorer l’organisation défensive des alentours de Mont-Louis. Des batteries et des redoutes sont entre autres installées aux Estagnols et à Bolquère et un chemin stratégique (dit chemin des canons) relie ces positions à Mont-Louis.

La forteresse de Mont-Louis sera occupée par les Allemands lors de la deuxième guerre mondiale, puis libérée par les forces françaises libres. En 1946, une unité parachutiste (le « 11e choc ») s’installe dans la citadelle. Elle sera suivie par la création du Centre National d’Entraînement Commando en 1964. Celui-ci est une véritable Académie militaire où viennent se former les moniteurs et instructeurs de l’armée, mais aussi un centre de formation aux réalités et aux conditions de terrain.

Mont-Louis est aussi un centre d’essais sur l’énergie solaire depuis 1948. C’est ici qu’a été installé le premier four solaire, avant celui d’Odeillo. On y fait des démonstrations de l’utilisation de l’énergie solaire dans la vie quotidienne : cuisson de céramiques, pile voltaïque, fusion de métaux, travail de pierres précieuses…

Mont-Louis est inscrit au Patrimoine Mondial de l’Unesco.