Le Carlit, montagne sacrée des Cerdans

Le pic Carlit est le pic emblématique de la Cerdagne et du Capcir. Son ascension n’est pas très difficile mais demande un peu de technique pour les derniers 300 m. Il est très fréquenté.

Le pic Carlit (ou Puig Carlit en Catalan) est un sommet granitique des Pyrénées françaises situé dans le massif du Carlit. C’est le point culminant du département des Pyrénées Orientales avec une altitude de 2 921 mètres. Le Carlit est aussi le point culminant de l’ancienne région Languedoc-Roussillon.

Le climat sous-océanique froid apporte de nombreuses perturbations (d’ouest à sud-ouest) et un enneigement hivernal durable au-dessus de 2 000 mètres de novembre à avril.

Le fleuve Têt prend sa source sur le pic, en faisant la principale réserve d’eau du département. La zone est placée sous la protection Natura 2000.

Le pic Carlit ainsi que le pic du Canigou possèdent le record du monde de distance de vision en ligne droite avec 447 kilomètres.

Source wikipedia

Histoire

La première ascension de ce sommet a été réalisée par le pyrénéiste Henry Russell en 1864. Henry Russell, né en 1834 à Toulouse et mort en 1909 à Biarritz, est un pyrénéiste franco-britannique. C’est un des pionniers de la conquête des Pyrénées. Il est surtout connu pour ses ascensions du Vignemale où il monte pour la première fois le 14 septembre 1861 avec le guide Laurent Passet.

Lors de sa venue en Cerdagne, il est fasciné par sa vision de l’Estany de Lanos. Dans son ouvrage où il décrit des aventures de montagne, il écrit : « Le pic Carlitte est, grâce à son isolement et à son altitude, un des plus beaux sommets des Pyrénées. »

Légende

À la fin du xixe siècle début du xxe siècle, des légendes dues à l’imagination populaire mettent en scène le diable dans la région mais surtout dans les montagnes. Pour le Carlit, voici une croyance rapportée par Marcailhou d’Aymeric au bulletin de la Société de géographie de Toulouse le 7 avril 1913 sous le titre À travers les sommets d’Ax-les-Termes à Thuez : « Satan excursionnant de par le monde, franchissant les monts de ses ailes puissantes, calcula mal son vol et tomba si malencontreusement qu’il s’empala sur la dent d’Orlu. Se dégageant, avec effort, mais tout saignant de sa blessure, il arriva sur le Carlitte où il trouva un superbe miroir, oublié là par Vénus en bonne fortune. Furieux de s’y voir si laid, il le prit et le lança vers le ciel. Le miroir retomba brisé en dix-huit morceaux. Ces débris formèrent les dix-huit lacs du massif, reflet de la beauté des grâces de la reine des amours. Et le manche du miroir, planté en terre, se développa, s’affina, s’effila, et devint le sanctuaire de la Vierge de Saint Romeu ».

 L’origine du nom « Carlit » :

Bien que l’on trouve déjà mentionnée dans le cartulaire de Sant Cugat une personne nommée Guillem de Cardid au XIème siècle, la première écriture du nom du massif se retrouve en 1175 avec l’appellation de Cardid dans une charte de concession de pacages dans le massif réalisée par un dénommé Petrus Domenova en faveur de l’abbaye cistercienne de Santes Creus, en Catalogne3. Du xiie au xive siècle, les noms utilisés sont Cardid et Cardit

Selon les époques le nom change, on retrouve ainsi en 1845 le nom de Carlit, et en 1850 l’écriture bien plus souvent employée durant cette période de Carlitte. La forme Carlitte semble être une transposition française de la prononciation catalane, plus proche de Cardid, première forme attestée par les chartes médiévales.

Son nom est issu du massif dans lequel il se trouve.

En effet, le nom de Carlit est constitué de la racine pré-indo-européenne kar, désignant la pierre, et que l’on retrouve notamment dans une soixantaine de toponymes des Pyrénées-Orientales, souvent sous la forme quer. Elle est suivie d’un premier suffixe ancien, -d, auquel s’est ajouté le diminutif latin -ittum. Le nom pourrait donc avoir le sens de pierrailles ou éboulis et pourrait désigner aussi bien les ensembles d’éboulis du versant ouest que le plateau pierreux que l’on trouve au sud en direction de l’église saint Martin d’Envalls et qui porte le nom de Ras de Carlit, lui-même traversé par un cours d’eau, le rec de Carlit.

Hydrologie :

D’un point de vue hydrologique, le Carlit est le réservoir d’eau des Pyrénées avec, dans son massif, plusieurs lacs et étangs mais surtout le fleuve Têt, principal cours d’eau des Pyrénées-Orientales d’une longueur de 100 kilomètres qui prend sa source sur le versant septentrional. Les principales étendues d’eau en contrebas du pic sont :

  • l’étang de Vive ou estany del Vivier (2 137 mètres d’altitude sur 3 ha) ;
  • l’étang Noir ou estany Negre (2 140 mètres d’altitude sur 4 ha) ;
  • le lac de la Comasse ou estany de la comassa (2 160 mètres d’altitude sur 4 ha) ;
  • l’étang du Llat ou estany Llat (2 174 mètres d’altitude sur 10 ha) ;
  • l’étang des Dougnes ou estany de les Dugues (2 230 mètres d’altitude sur 3,8 ha) ;
  • le lac du Casteilla ou estany de Castella (2 280 mètres d’altitude sur 5 ha) ;
  • l’étang de Soubirans ou estany de Sobirans (2 320 mètres d’altitude sur 3 ha) ;
  • l’étang de Balleuil ou estany del Vallel (2 500 mètres d’altitude sur 2,3 ha)

Géologie

Les roches métamorphiques de l’ère primaire (dépôts marins concentrés sur 250 millions d’années) se retrouvent au Carlit. En effet, le pic Carlit est composé de roches de types granites dans la vallée et de schistes (transformation des argiles) au sommet.

L’ère quaternaire finit de former le massif et le pic grâce à l’alternance de périodes froides et tempérées. Ainsi la période glaciaire profile le paysage actuellement visible qui donne sa forme au sommet du Carlit, et dans la vallée du Capcir.

Climat

Le climat sous-océanique froid s’étend de l’Ossau au pic Carlit. Avec ce climat, le pic Carlit est très exposé aux perturbations. La neige au-delà de 2 000 mètres d’altitude s’établit de façon générale en novembre pour commencer à disparaître au mois d’avril.

Faune

Avec ses lacs et ses étangs, une grande variété de poissons est présente. L’on y recense entre autres les truites fario et arc-en-ciel. Chaque année des alevinages sont réalisés pour soutenir la reproduction. La pêche est soumise à régulation. L’Inventaire National du Patrimoine Naturel a recensé entre autres en septembre 2016 la présence des espèces suivantes :

  • Desman des Pyrénées ;
  • Rhinolophus hipposideros (une espèce de chauve-souris)
  • Cottus Gobio (espèce de poisson)
  • Isards
  • gypaètes barbus (vautours)

Voies d’accès :

L’ascension est possible même à des randonneurs peu expérimentés. Elle s’effectue :

  • par l’est à partir du lac des Bouillouses (6h30 aller retour), qui permet de découvrir un ensemble d’étangs qui s’échelonnent en paliers ; dernière partie nécessitant de mettre un peu « les mains » (à éviter quand il y a de la neige ou avec un bon équipement).
  • ou par l’ouest à partir de l’étang de Lanoux qui dessert la face Nord qui est la plus difficile. De ce côté, il faut compter 300 mètres de dénivelé dans les éboulis dans la partie finale, sans difficulté majeure à part la pente et le terrain instable. La partie finale demande cependant l’utilisation des mains car le terrain n’est pas si facile même pour un randonneur.